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Microplastiques détectés dans les tumeurs de la prostate

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Publié le 24 février 2026 à 09:21:00. Une étude de l’Université de New York révèle la présence de microplastiques dans les tumeurs de la prostate à des concentrations significativement plus élevées que dans les tissus sains, soulevant de nouvelles inquiétudes quant à l’impact de la pollution plastique sur la santé humaine.

Des chercheurs ont détecté des microplastiques dans les tumeurs de la prostate à des niveaux 2,5 fois supérieurs à ceux observés dans les tissus prostatiques sains, selon une étude présentée lors du Symposium sur les cancers génito-urinaires de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO). Cette découverte relance le débat sur les effets potentiellement néfastes de ces particules omniprésentes sur l’organisme.

L’analyse a révélé une concentration moyenne de 40 microgrammes de plastique par gramme de tissu cancéreux, contre 16 microgrammes dans les zones non cancéreuses. Plus de 90 % des échantillons de tumeurs examinés contenaient des microplastiques, tandis que leur présence était observée dans 70 % des tissus prostatiques sains.

Dirigée par le Dr Stacy Loeb, professeur d’urologie et de santé des populations à la Grossman School of Medicine de l’Université de New York, l’étude a porté sur des échantillons prélevés sur dix patients ayant subi une prostatectomie totale. Pour minimiser les risques de contamination, l’équipe a substitué les matériaux plastiques de laboratoire par des outils en aluminium et en coton, et a effectué les analyses dans des salles blanches spécialement conçues pour la recherche sur les microplastiques.

Selon le Dr Loeb, cette étude « fournit des preuves importantes selon lesquelles l’exposition aux microplastiques pourrait être un facteur de risque de cancer de la prostate ». L’analyse a permis d’identifier la concentration, la composition chimique et la structure des différents types de molécules plastiques présentes dans les tissus.


Le Dr Vittorio Albergamo, co-auteur principal de l’étude, a souligné que ces résultats mettent en évidence « un autre problème de santé possible posé par le plastique ». Il a insisté sur la nécessité de renforcer les réglementations visant à réduire l’exposition humaine à ces particules, qui sont désormais présentes dans l’environnement, l’eau, l’air et de nombreux produits de consommation courante.

Les chercheurs émettent l’hypothèse que les microplastiques pourraient induire des réponses inflammatoires chroniques dans les tissus prostatiques, entraînant des dommages cellulaires et des altérations génétiques susceptibles de favoriser le développement de tumeurs. Bien qu’il s’agisse de la première évaluation systématique des microplastiques dans les tissus cancéreux de la prostate dans un contexte occidental, les spécialistes insistent sur la nécessité d’élargir l’échantillon de patients pour confirmer ces résultats.

Des études antérieures avaient déjà mis en évidence la présence de microplastiques dans divers organes humains, dans les fluides biologiques et même dans le placenta. Ces particules proviennent de la dégradation des emballages, des textiles, des cosmétiques et d’autres produits, et peuvent pénétrer dans l’organisme par ingestion, inhalation ou contact cutané, comme le note Infobae.

Aux États-Unis, un homme sur huit reçoit un diagnostic de cancer de la prostate au cours de sa vie, selon les statistiques sanitaires. Si de futures recherches confirment un lien entre l’exposition aux microplastiques et le développement de tumeurs de la prostate, cela pourrait modifier notre compréhension des facteurs environnementaux impliqués dans cette maladie.

L’ASCO organise plusieurs événements en 2026, notamment le Symposium sur les cancers génito-urinaires du 26 février au 1er mars à San Francisco, en Californie, et son congrès annuel du 29 mai au 2 juin à Chicago, dans l’Illinois. Vous trouverez plus d’informations sur leur site web.

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