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179 personnes libérées depuis la promulgation de la loi d’amnistie

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Publié le 24 février 2026 à 21h47. Après la capture du président Nicolás Maduro début janvier, le Venezuela poursuit la mise en œuvre d’une loi d’amnistie controversée, avec la libération progressive de prisonniers politiques, mais des obstacles administratifs ralentissent le processus et suscitent des inquiétudes.

Au total, 179 personnes ont été libérées depuis la promulgation jeudi de la loi d’amnistie, qui vise à permettre la sortie de centaines de prisonniers politiques. Selon l’organisation Foro Penal, 644 détenus sont encore incarcérés. Depuis la promulgation, il y a eu 4 293 demandes, dont 3 052 ont abouti à des libérations ou à l’extinction des poursuites pour les personnes en liberté conditionnelle, a annoncé Jorge Arreaza, président de la Commission parlementaire chargée de suivre l’application de la loi, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

Jorge Arreaza s’est félicité du « rythme extraordinaire » de ces libérations, tandis que Foro Penal faisait état, dans la matinée, de 91 personnes libérées depuis jeudi et de 545 depuis le 8 janvier, date des premières promesses d’assouplissement par les autorités.

Malgré ces avancées, des dizaines de proches continuent de camper devant les prisons, notamment celle de Rodeo 1, située à une quarantaine de kilomètres à l’est de Caracas. Massiel Cordones, 52 ans, mère du lieutenant José Ángel Barreno, impliqué dans l’affaire Gedeon (un débarquement de mercenaires en 2020 ayant entraîné de nombreuses arrestations), exprime un mélange d’espoir et d’inquiétude :

« Nous sommes pleins d’espoir après (les libérations) hier mais la fatigue commence à se faire sentir. La fatigue mentale, physique… Mon fils fait partie de ceux qui sont en grève de la faim, nous n’avons plus de nouvelles d’eux depuis dimanche. Ce n’est pas facile. On attend. »

Lundi, 34 détenus ont été libérés de Rodeo 1. Des détenus libérés ont crié « Justice ! Liberté ! » et ont confirmé qu’une partie des prisonniers étaient en grève de la faim pour obtenir leur libération. Jorge Arreaza a précisé que les cas des grévistes pourraient être examinés, sans donner de détails supplémentaires.

L’amnistie n’est pas automatique. Les personnes concernées doivent saisir les tribunaux, qui examinent chaque dossier individuellement pour décider de l’annulation ou non de la condamnation. Jorge Arreaza, ancien vice-président, ex-ministre des Affaires étrangères et un temps gendre du feu président Hugo Chavez, a souligné :

« Nous ne serons pas toujours d’accord sur tout (…) mais nous allons faire tous les efforts possibles pour parvenir à des décisions consensuelles. La justice doit atteindre son objectif pour qu’il y ait la paix. »

Cependant, des bénéficiaires potentiels de l’amnistie ont dénoncé lundi et mardi des retards et de longues files d’attente pour accéder aux tribunaux. Des avocats de prisonniers politiques et d’anciens détenus soumis à des mesures de contrôle judiciaire se sont heurtés à des refus et à des délais pour déposer leurs demandes.

Rodrigo Cabezas, ex-ministre des Finances de Hugo Chavez, en liberté conditionnelle depuis juillet 2025, a déclaré :

« Les tribunaux qui nous ont judiciarisés arbitrairement restent nos bourreaux, on ne peut pas leur permettre de violer la loi d’amnistie. »

Il a expliqué que le tribunal en charge de son dossier n’a pas accepté sa demande, invoquant l’absence d’audience. L’avocat Me Omar Mora Tosta, qui dirige la défense des détenus membres du parti de la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la Paix, Maria Corina Machado, a précisé :

« À certains, on a dit qu’on ne peut pas recevoir leurs documents, à d’autres oui mais qu’ils doivent attendre pour obtenir une réponse. »

Le syndicat des travailleurs de la presse a également indiqué qu’aucun tribunal n’avait reçu les requêtes d’un groupe de journalistes souhaitant bénéficier de la mesure. Quelques dossiers ont toutefois été traités. Liomary Espina, 57 ans, a déclaré avoir été reçue et attendre une réponse dans un délai de trois jours ouvrables.

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