Publié le 25 février 2026. Une revue systématique récente compare l’efficacité des nettoyants chimiques et non chimiques pour les prothèses dentaires dans la lutte contre les infections à Candida, soulignant un compromis entre efficacité et préservation des matériaux.
- Les nettoyants chimiques, tels que l’hypochlorite de sodium et la chlorhexidine, réduisent de 80 à 100 % les colonies de Candida sur les prothèses dentaires.
- Les agents non chimiques offrent une réduction de 40 à 85 %, tout en préservant mieux l’intégrité des matériaux et étant plus agréables pour les patients.
- L’étude suggère que les agents non chimiques pourraient être une alternative viable, en particulier pour une utilisation à long terme ou chez les personnes sensibles.
Les prothèses dentaires amovibles offrent un environnement favorable à la prolifération des espèces de Candida, notamment Candida albicans, qui contribuent significativement à la stomatite prothétique. Bien que les solutions de nettoyage chimiques soient traditionnellement utilisées, des préoccupations concernant leur impact sur les matériaux des prothèses et l’irritation des muqueuses buccales ont conduit à explorer des alternatives non chimiques.
Une revue systématique, menée conformément aux directives PRISMA 2020, a analysé les données de 20 études (10 essais contrôlés randomisés et 10 études in vitro) issues de recherches approfondies dans les bases de données PubMed, Scopus et Web of Science (période 2003-2025). L’évaluation du risque de biais a été réalisée à l’aide des outils Cochrane Risk of Bias 2.0 pour les essais contrôlés randomisés et QUIN/SYRCLE pour les études in vitro.
Les résultats indiquent que les nettoyants chimiques, tels que l’hypochlorite de sodium (0,25 à 2,5 %), la chlorhexidine (0,2 à 2 %) et les comprimés effervescents de peroxyde, permettent une réduction significative des unités formant colonies (UFC) de Candida, atteignant souvent 80 à 100 %, voire une éradication complète du biofilm dans certaines études. En comparaison, les agents non chimiques ont démontré un taux de réduction des UFC de 40 à 85 %. Cependant, six des dix études incluses ont révélé que les nettoyants chimiques pouvaient entraîner une rugosité accrue et une décoloration de la surface des prothèses.
Les agents non chimiques, quant à eux, ont préservé l’intégrité des matériaux et ont été mieux tolérés par les patients en termes de goût et de facilité d’utilisation. Le risque de biais a été jugé faible à modéré dans 80 % des essais contrôlés randomisés et faible dans 10 des 13 études in vitro.
Cette revue systématique confirme que les nettoyants chimiques et non chimiques sont tous deux efficaces pour réduire la présence d’espèce de Candida sur les prothèses dentaires, les agents chimiques présentant une action antifongique plus constante. Néanmoins, le choix du nettoyant doit tenir compte de la compatibilité avec les matériaux de la prothèse, de la tolérance du patient et de la sécurité. Les résultats soutiennent l’utilisation d’agents non chimiques complémentaires ou alternatifs, tels que les nettoyants à base de plantes et l’ozone, en particulier pour une utilisation prolongée ou chez les patients présentant une sensibilité accrue. Les professionnels de la santé doivent trouver un équilibre entre l’efficacité antimicrobienne et la préservation de l’intégrité de la prothèse, ainsi que l’adhésion du patient aux recommandations d’hygiène.
Des recherches futures devraient se concentrer sur l’établissement de protocoles standardisés, l’évaluation des résultats cliniques à long terme et la prise en compte des mesures rapportées par les patients. Cette revue contribue à l’état actuel des connaissances scientifiques en intégrant les données probantes disponibles, en évaluant les nouveaux nettoyants et en guidant les décisions cliniques pour maintenir l’hygiène des prothèses et prévenir les infections fongiques associées.