Publié le 25 février 2026 17:08:00. Les avancées technologiques en oncologie, notamment en radiothérapie, se succèdent à un rythme effréné, permettant des traitements de plus en plus précis et personnalisés, tout en réduisant les effets secondaires pour les patients.
L’oncologie est devenue un terrain fertile pour l’innovation, attirant 1,137 milliard d’euros de projets technologiques depuis 2017, selon le ministère de la Science, de l’Innovation et des Universités. Parmi les progrès les plus significatifs, les spécialistes soulignent l’amélioration de l’imagerie médicale en temps réel, permettant une personnalisation accrue des traitements.
« Il y a toujours une distance entre la naissance d’une avancée technologique et sa normalisation, entre les tests, les améliorations, les garanties légales… », explique Alejandro Mazal, chef du service de physique médicale du Centre de protonthérapie de la Fondation Jiménez Díaz à Madrid. Il ajoute que le rythme de l’innovation est désormais tel qu’il est crucial de l’adopter rapidement : « Dans des domaines comme la radiothérapie oncologique, il y a quelque chose de nouveau tous les cinq ans ; si vous ne l’adoptez pas, vous serez laissé pour compte. »
La radiothérapie avancée, avec des techniques telles que la protonthérapie ou l’hadronthérapie, permet de cibler les tumeurs avec une précision accrue tout en minimisant les dommages aux tissus sains. L’imagerie médicale, grâce à des technologies comme l’accélérateur linéaire, la tomodensitométrie, l’imagerie par résonance magnétique et la vision thermique artificielle, offre des images diagnostiques de haute définition. La médecine de précision, quant à elle, utilise le profil génétique et moléculaire de la tumeur pour personnaliser au maximum les traitements, en recourant à la thérapie ciblée, à la biopsie liquide ou à l’identification de « cibles » moléculaires.
Une technique prometteuse est la tomodensitométrie avec comptage de photons, adoptée en Espagne par le service d’imagerie diagnostique de l’hôpital Quirónsalud de Barcelone. « Nous avons été les premiers en Espagne à l’adopter », précise Nadine Romera, responsable de ce service. Cette technique fournit des informations spectrales sur les organes, permettant une caractérisation précise des tissus et une évaluation de leur état physiologique et pathologique.
« La tomodensitométrie par comptage de photons permet, en un seul scan, de détecter et de caractériser les tumeurs avec une grande précision. »
Nadine Romera, Chef du service d’imagerie diagnostique de l’hôpital Quirónsalud de Barcelone
Dans le domaine oncologique, cette technique facilite le diagnostic et la planification chirurgicale. Elle réduit également la dose de radiation pour le patient et diminue le risque de maladie rénale en limitant l’utilisation de produits de contraste.
Parallèlement, la radiothérapie évolue vers une adaptation en temps réel, grâce à la combinaison d’accélérateurs et d’imagerie. « Cela nous permet de visualiser la tumeur en temps réel et sans rayonnement supplémentaire pendant que nous la traitons », résume Alejandro Mazal. Cette approche permet de générer un plan de traitement personnalisé chaque jour, en tenant compte des fluctuations de la tumeur et des organes environnants.
« Cette technologie nous permet d’observer la tumeur en temps réel tout au long de l’irradiation. Et de voir comment elle répond au traitement, avec la possibilité de la recalculer à tout moment. »
Alexandre Mazal, Chef du service de Physique Médicale du Centre de Protonthérapie de la Fondation Jiménez Díaz (Madrid)
Cette adaptation est essentielle, notamment pour les tumeurs de la prostate, où la vessie et le rectum peuvent se déformer ou déplacer la tumeur, ou pour les tumeurs proches du diaphragme, qui se modifie à chaque respiration. Un logiciel délimite les contours de la tumeur et arrête l’irradiation si elle s’en écarte, assurant une sécurité accrue.
« C’est un changement culturel. Nous avons la capacité d’irradier avec une précision et une sécurité extraordinaires. Le contrôle des maladies n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui. »
Javier Luna, Chef du service de radio-oncologie de l’hôpital universitaire Fundación Jiménez Díaz (Madrid)
Javier Luna, chef du service de radio-oncologie de l’hôpital universitaire Fundación Jiménez Díaz, souligne que ces avancées se traduisent par « moins de radiations sur les tissus sains, avec moins d’effets secondaires dérivés de la radiothérapie ». Son service utilise également un accélérateur linéaire EVO, qui permet d’ajuster la radiothérapie en fonction de l’anatomie du patient juste avant la séance, notamment pour le cancer de la prostate.
D’autres perspectives se profilent, telles que la radiothérapie éclair, qui réduit la durée et le nombre de séances d’irradiation, les minifaisceaux de radiothérapie concentrés et la radiothérapie guidée par des marqueurs biologiques. « Ce sont des techniques qui sont déjà testées. Il faudrait les généraliser pour ne pas rester dans quelques centres », souligne Alejandro Mazal.
« Le développement technologique médical est spectaculaire, tant pour ce qui s’en vient que pour ce que nous avons déjà », conclut Javier Luna, un développement qui doit apporter « espoir » aux patients. « En Espagne, nous disposons d’une technologie de pointe et d’équipes humaines fantastiques pour la radiothérapie oncologique de haut niveau. Des conditions qui doivent apporter au patient tranquillité d’esprit et sécurité face à un processus oncologique. »
Impact économique et professionnel des technologies de la santé
Données nationales et annuelles pour 2024
12 000
millions d’euros de chiffre d’affaires annuel
264
millions d’euros en R&D&i
11 600
millions d’euros de contribution au PIB (1,1%)
140 000
emplois directs et indirects
Source : Fédération espagnole des entreprises de technologies de la santé (Fenin)