Les pénuries de médicaments s’aggravent en Australie, mettant à rude épreuve le système de santé et compromettant la capacité des soignants à prodiguer des soins optimaux aux patients. Des hôpitaux entiers sont contraints de revoir leurs protocoles et de rechercher des alternatives, un fardeau supplémentaire pour un personnel déjà sous tension.
Selon un rapport récent d’Advanced Pharmacy Australia (AdPha), presque tous les établissements de santé du pays consacrent désormais du temps à gérer les ruptures d’approvisionnement. Les cliniciens doivent consacrer un temps précieux à identifier des traitements de substitution, à adapter les plans de soins et à évaluer les risques pour les patients lorsque les médicaments essentiels sont indisponibles. Ces efforts, bien que nécessaires, détournent les ressources des soins de première ligne et créent un travail supplémentaire pour les équipes déjà débordées.
La crise des liquides intraveineux (IV) de 2023-2024 a mis en lumière la fragilité des chaînes d’approvisionnement et l’ingéniosité dont ont fait preuve les professionnels de la santé pour maintenir les soins aux patients. Ces solutions, essentielles pour l’administration de médicaments, la chirurgie et l’hydratation des patients gravement malades, ont été rationnées, entraînant des reports de procédures et des modifications rapides des protocoles.
« Les pénuries de médicaments ne sont pas simplement des problèmes logistiques, ce sont des défis cliniques qui exigent une réponse coordonnée », souligne le professeur Tom Simpson, président d’AdPha. Il témoigne également d’une expérience personnelle : son épouse, pharmacienne, a elle-même eu besoin de soins urgents pendant cette période, illustrant la rapidité avec laquelle ces pénuries peuvent se transformer en situations complexes.
Pour répondre à ce problème, AdPha propose la création d’un service national de conseil clinique en matière de pénurie et d’arrêt de médicaments. Ce service fournirait aux cliniciens des conseils en temps réel, basés sur des données probantes, afin de faciliter une prise de décision cohérente à l’échelle du système de santé. Un modèle similaire existe déjà à l’international.
Ce service, qui pourrait être administré par des pharmaciens spécialisés en information sur les médicaments en collaboration avec des cliniciens de différentes disciplines, ne remplacerait pas le jugement clinique local, mais le renforcerait en fournissant un accès à des informations fiables et actualisées.
L’Australie, en raison de son isolement géographique et de la taille relativement modeste de son marché, est particulièrement vulnérable aux pénuries de médicaments. Il est donc impératif de renforcer la préparation du système de santé par des investissements et une collaboration accrue. Les professionnels de la santé australiens sont compétents et résilients, mais ils ne peuvent pas faire face seuls à ces défis nationaux. Un soutien clinique coordonné est essentiel pour protéger les soins aux patients.