Home Accueil Le contenu des manuels du NCERT révèle une « conspiration profondément enracinée » visant à présenter le système judiciaire comme corrompu (Cour suprême)

Le contenu des manuels du NCERT révèle une « conspiration profondément enracinée » visant à présenter le système judiciaire comme corrompu (Cour suprême)

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Publié le 26 février 2026 à 21h20, heure locale. La Cour suprême indienne a interdit la diffusion d’un manuel scolaire de huitième année après avoir dénoncé une « conspiration profondément enracinée » visant à discréditer le pouvoir judiciaire en évoquant des cas de corruption. L’affaire a déclenché une vive réaction des autorités et une remise en question des méthodes pédagogiques.

  • La Cour suprême a ordonné l’interdiction totale du manuel et la saisie de tous les exemplaires, physiques et numériques.
  • Elle a également demandé des explications au secrétaire du ministère de l’Éducation scolaire et au directeur du NCERT (National Council of Educational Research and Training).
  • Le gouvernement indien s’est excusé et a promis de revoir les procédures de validation des manuels scolaires.

La controverse porte sur un chapitre intitulé « Le rôle du pouvoir judiciaire dans notre société », présent dans un manuel de sciences sociales publié par le NCERT, organisme chargé d’élaborer les programmes et manuels pour des millions d’élèves en Inde. Ce chapitre abordait la question de la corruption au sein du système judiciaire et les retards massifs dans le traitement des affaires, soulignant le manque de juges, la complexité des procédures et l’insuffisance des infrastructures. Selon les données officielles, plus de 53 millions de dossiers sont actuellement pendants devant les tribunaux indiens.

La Cour suprême a estimé que ce contenu était préjudiciable à la réputation de l’institution judiciaire et risquait d’inculquer un préjugé aux jeunes esprits. Le juge en chef Surya Kant a dénoncé une « démarche très, très calculée » et a qualifié le contenu de « extrêmement outrageant » et « irresponsable ».

Les juges ont exprimé leur indignation, déclarant que « des têtes doivent tomber ». Le solliciteur général Tushar Mehta, représentant le gouvernement, a présenté des excuses inconditionnelles et a assuré que les personnes responsables de la rédaction du manuel ne seraient plus jamais chargées de cette tâche. Il a même suggéré qu’elles pourraient être exclues de tout autre poste au sein de l’administration.

Cependant, ces excuses n’ont pas suffi à apaiser la Cour suprême. Elle a ordonné une interdiction « générale et complète » du livre et a lancé une action pour outrage, demandant au secrétaire du Département de l’éducation scolaire et de l’alphabétisation et au directeur du NCERT, Dinesh Prasad Saklani, de justifier leur position.

« Ils ont tiré et le système judiciaire saigne aujourd’hui. »

Juge en chef Surya Kant

La Cour a souligné qu’elle ne souhaitait pas étouffer les critiques légitimes à l’égard des institutions publiques, mais qu’elle devait protéger l’intégrité pédagogique et éviter d’exposer les jeunes élèves à des récits biaisés. Elle a rappelé que la dissidence et le débat sont essentiels à la démocratie, mais qu’ils doivent s’exercer dans le respect des institutions.

Plusieurs avocats éminents, dont Kapil Sibal, ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme une tentative délibérée de saper l’autorité du pouvoir judiciaire. Ils ont souligné que le contenu du manuel pourrait avoir un impact durable sur l’indépendance de la justice et sur la confiance du public dans les institutions.

L’affaire a suscité un débat national sur la nécessité de réformer les manuels scolaires et de garantir qu’ils reflètent une vision objective et équilibrée de la société indienne. Le NCERT a retiré le livre de la distribution et a promis de revoir ses procédures de validation.

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