Après une carrière de plus de quarante ans dans l’industrie du jeu vidéo, Larry Kuperman, ancien vice-président de Nightdive Studios, prend sa retraite. Son parcours est marqué par la tentative de créer un concurrent à Steam avec Impulse, une plateforme finalement abandonnée par GameStop.
Le projet Impulse a pris racine chez Stardock, une société de logiciels qui s’aventurait dans le domaine du jeu vidéo. Dès 2001, l’entreprise anticipait l’importance de la distribution numérique et préparait le terrain pour son propre service. Kuperman se souvient :
« Nous avons réservé les droits de vente électronique du jeu. Cela faisait partie de la négociation du contrat. Je suis sûr que l’avocat de Take Two [pensait] : ‘C’est de la distribution électronique, qui s’en soucie ?’ Ce moment a été crucial. »
La première version de cette boutique en ligne s’appelait Drengin, une plateforme aux allures rétro qui proposait les jeux les plus prometteurs de 2004. Kuperman explique :
« À l’époque, l’expérience de jeu en ligne n’était pas la même. Il fallait télécharger le jeu et saisir le numéro de série reçu par e-mail. »
Entre 2004 et 2005, suite à la faillite de l’éditeur canadien Strategy First (Jagged Alliance, O.R.B: Off-World Research Base), Stardock a acquis les droits de distribution électronique des jeux de Strategy First.
« Cela a donné naissance à ce qui allait devenir Impulse, un concurrent de Steam créé par Stardock. C’était une plateforme similaire. »
Impulse a été lancé en 2008 et vendu à GameStop en 2011. Kuperman a rejoint GameStop pendant deux ans en tant que responsable de la distribution électronique sur PC.
« Je pensais que ce serait mon emploi pour toujours. Ironiquement, ça n’a pas marché.
À l’époque, la direction de GameStop était complètement différente de celle d’aujourd’hui, mais GameStop pensait que la distribution électronique n’était qu’une phase passagère et que les magasins physiques allaient reprendre de la vigueur : ‘J’ai vu le futur, il ressemble aux années 1950.’ Mais cela ne s’est pas produit. »
GameStop semble avoir trouvé un équilibre après des années de turbulences : manipulation boursière, licenciements, fermetures de magasins et même la disparition de GameInformer, bien que ce dernier ait connu une fin heureuse. Cette situation rappelle l’obstination de Blockbuster à ne pas acheter Netflix en 2000. Bien que Kuperman n’ait jamais cru qu’Impulse puisse réellement concurrencer Steam, l’abandon pur et simple de la distribution numérique par l’entreprise était, avec le recul, une erreur.