Publié le 27 août 2025. Des chercheurs de l’Université technique de Munich ont identifié deux microARN qui perturbent la formation de tissu adipeux chez les enfants atteints du syndrome de Hutchinson-Gilford Progeria (HGPS), ouvrant la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.
Une étude novatrice, parue dans le numéro 9 du volume 17 de la revue Aging, a mis en lumière le rôle de deux microARN, miR-145-5p et miR-27b-3p, dans le syndrome de Hutchinson-Gilford Progeria (HGPS). Ces minuscules molécules régulatrices d’expression génique seraient responsables de la perte de tissu adipeux observée chez les jeunes patients, une manifestation clé de cette maladie rare du vieillissement prématuré.
Le syndrome de Hutchinson-Gilford Progeria est une affection génétique dévastatrice qui accélère le vieillissement chez les enfants. Bien qu’ils naissent en bonne santé apparente, ces enfants développent rapidement des signes de vieillissement prématuré tels que la perte de cheveux, des raideurs articulaires et une diminution drastique de la masse graisseuse. Ces altérations entraînent souvent des complications métaboliques graves et une espérance de vie réduite, fréquemment écourtée par des maladies cardiaques.
L’équipe dirigée par Felix Quirin Fenzl et Karima Djabali, de l’Université technique de Munich (TUM), a comparé des cellules souches cutanées issues de patients HGPS et de personnes saines. En induisant leur différenciation en cellules graisseuses, les chercheurs ont observé que les cellules provenant des patients HGPS produisaient significativement moins de cellules adipeuses matures. Cette différence a été corrélée à une surabondance de miR-145-5p et miR-27b-3p. Ces microARN semblaient « couper le son » aux gènes essentiels à la croissance et à la fonction des adipocytes (cellules graisseuses).
Plus prometteur encore, le blocage de l’activité de ces deux microARN a permis d’améliorer la formation de cellules graisseuses dans les cultures cellulaires. L’étude a également validé ces observations chez un modèle murin de HGPS, où des niveaux élevés de miR-145-5p et miR-27b-3p étaient associés à un développement adipeux défectueux. Ces résultats suggèrent que la réduction de l’activité de ces microARN pourrait représenter une stratégie thérapeutique prometteuse pour restaurer la masse graisseuse chez les individus atteints de HGPS.
Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires avant le développement de traitements cliniques, cette découverte représente une avancée significative dans la compréhension des mécanismes moléculaires sous-jacents à la lipodystrophie, un défaut de formation de tissu adipeux sain, dans le cadre du HGPS. Elle ouvre la porte à des thérapies futures susceptibles d’améliorer la qualité de vie des patients. À plus long terme, des approches similaires pourraient potentiellement bénéficier à d’autres pathologies métaboliques, comme l’obésité ou le diabète, où la fonction des cellules graisseuses est également perturbée.
Source :
Référence du journal :
Fenzl, F.Q., et al. (2025). Déregulé miR-145 et miR-27b dans le syndrome de Hutchinson-Gilford Progeria : implications pour l’adipogenèse. Aging. doi.org/10.18632/aging.206309