Mis à jour le 02.10.2025 – 16 h 13. Après des mois de ventes en berne, Tesla a clôturé le troisième trimestre 2025 sur une note positive, dopé par l’expiration d’un crédit d’impôt fédéral américain pour les voitures électriques. Malgré ce rebond temporaire, le constructeur fait face à une concurrence accrue et à des interrogations sur son avenir au-delà de la production automobile.
- Tesla a livré 497 099 véhicules au dernier trimestre, dépassant les attentes des analystes.
- Ce résultat contraste avec la baisse des livraisons observée durant les deux premiers trimestres de l’année.
- L’avenir de Tesla est placé sous le signe des taxis autonomes et des robots humanoïdes, des secteurs encore naissants pour le groupe.
La fin du crédit d’impôt fédéral américain, qui offrait jusqu’à 7 500 dollars aux acheteurs de véhicules électriques, a suscité un élan de dernière minute pour Tesla. Les livraisons ont ainsi progressé de 7,4 % au cours du trimestre clos fin septembre, atteignant près de 500 000 unités. Une performance jugée positive par les experts, d’autant plus que les deux premiers trimestres avaient été marqués par un recul d’environ 13 % des livraisons.
Certains analystes anticipaient déjà un tel effet d’aubaine, de nombreux consommateurs souhaitant profiter des aides gouvernementales avant leur suppression. Cependant, la plupart des observateurs s’attendaient à une reprise des ventes plus modeste. La question désormais est de savoir si cet effet de stimulation aura un impact sur les ventes du trimestre en cours et au-delà.
Elon Musk lui-même reconnaît que des périodes difficiles s’annoncent. Le PDG de Tesla met de plus en plus l’accent sur le développement de nouvelles activités, comme les taxis autonomes et les robots humanoïdes. Bien que ces secteurs représentent l’avenir selon lui, le groupe n’en est qu’à ses débuts et doit composer avec une forte concurrence.
Sur l’ensemble du trimestre, la production totale de Tesla a cependant diminué de 4,8 % par rapport à l’année précédente, s’établissant à 447 410 véhicules. La baisse des ventes au premier trimestre avait été attribuée, outre les controverses politiques entourant Elon Musk, à une phase de transition pour le modèle Y, le véhicule le plus vendu de la marque. Néanmoins, même avec une production stable de ce modèle, le second trimestre n’a pas montré d’amélioration significative.
Tesla doit en outre faire face à une concurrence grandissante sur le marché des voitures électriques, tandis que le design de ses modèles évolue peu. Sur le marché américain, de nombreux acheteurs se tournent vers des véhicules hybrides ou à combustion. Parallèlement, les constructeurs américains développent activement des pick-ups électriques, un segment où le futuriste Cybertruck de Tesla peine à s’imposer.
En Europe, la situation de Tesla est également préoccupante. En août, les immatriculations de véhicules neufs de la marque dans l’Union européenne ont chuté de 36,6 % pour atteindre 8 220 unités, après un recul de 42 % en juillet. La part de marché de Tesla sur le continent est ainsi tombée à 1,2 %. Face à ces difficultés, Elon Musk aurait repris en main la supervision de la production et des ventes en Europe durant l’été, suite au départ de son proche collaborateur Omad Afshar.