Publié le 2025-10-22 11:02:00. Les secousses financières récentes, bien que n’ayant pas épargné grand-chose, commencent à impacter un secteur jusqu’alors épargné : celui des prêts hypothécaires. La combinaison d’une envolée du dollar et d’une hausse drastique des taux d’intérêt freine désormais ce marché qui fonctionnait principalement sous la modalité UVA.
- Le marché des prêts hypothécaires, jusqu’alors en bonne santé grâce aux prêts indexés sur l’UVA, est en net recul.
- Les taux d’intérêt ont explosé, rendant le crédit immobilier inabordable pour de nombreux aspirants propriétaires.
- Certaines banques ont gelé leurs offres de prêts hypothécaires face à l’incertitude économique.
Si les statistiques officielles ne refléteront cet essoufflement qu’en fin d’année, les experts s’accordent à dire que le coup de frein est déjà palpable depuis au moins deux mois. L’augmentation significative des taux d’intérêt, qui se situent désormais entre 8% et 10% (voire jusqu’à 17% pour certaines banques) plus l’index UVA, a considérablement réduit l’accès au crédit. Au début de l’année, les prêts hypothécaires représentaient une part significative des transactions immobilières, un chiffre qui a chuté drastiquement : les opérations sans cet outil de financement atteignent désormais 80%, contre 50% auparavant.
Face à cette situation, plusieurs banques ont pris des mesures radicales. Certaines ont suspendu leurs offres de prêts hypothécaires, préférant attendre un retour à la normale, une période qu’elles estiment nécessaire pour pouvoir proposer des conditions viables. Pour les entités qui maintiennent leurs lignes actives, les conditions d’octroi se sont durcies. Les exigences de score de crédit sont plus élevées et les taux annuels, même s’ils restent sous le seuil critique de 17% plus UVA, excluent de fait une partie de la population désireuse d’acquérir un bien immobilier. Les montants accessibles ne sont plus suffisants pour couvrir le coût des propriétés.
Le manque de correspondance entre les salaires actuels et les exigences ainsi que le coût de ces prêts est le problème majeur, selon les professionnels du secteur. Si les consultations persistent, les projets concrets se font rares.
Federico González Rouco, économiste spécialisé dans le marché hypothécaire, confirme cette tendance. Il anticipe une stagnation pour les mois à venir, malgré une possible bonne performance en octobre due à l’inertie du marché. Il souligne également le rôle prépondérant de Banco Nación, qui soutient actuellement le marché avec des taux bas et représente la moitié des crédits accordés. Si les autres banques se retirent, le marché pourrait se limiter à cette seule offre.
Par ailleurs, une partie des transactions actuelles est motivée par la peur d’un mauvais résultat électoral qui pourrait entraîner une nouvelle envolée du dollar. Dans ce contexte, toute augmentation du coût des opérations libellées en dollars ferait immédiatement grimper les prix de l’immobilier, rendant l’acquisition encore plus difficile pour les acheteurs et accentuant le besoin d’un soutien bancaire accru.
À titre de comparaison, les prêts hypothécaires UVA, bien qu’ayant dynamisé le secteur, n’ont représenté, dans leur meilleure phase, qu’un peu plus de deux opérations sur dix. Sous le gouvernement de Mauricio Macri, ce chiffre atteignait 3,5 opérations sur 10.