Marseille : une vingtaine de personnes s’en prend au personnel d’un service de réanimation pédiatrique
Une violente altercation a éclaté jeudi soir au service de réanimation pédiatrique de l’hôpital de la Timone à Marseille. Un père de famille, mécontent de la prise en charge de son enfant hospitalisé, s’est présenté avec une vingtaine de proches, proférant des menaces de mort envers le personnel soignant. Un homme a été interpellé et une plainte a été déposée.
Les faits se sont déroulés dans la soirée de jeudi. Le personnel médical du service de réanimation pédiatrique de la Timone a été la cible d’une agression. Selon des informations recueillies, un individu, accompagné d’une vingtaine de personnes issues de la communauté des gens du voyage, aurait fait irruption dans l’établissement. Le groupe s’en serait pris au personnel soignant, provoquant un vif émoi et nécessitant l’intervention des forces de l’ordre pour rétablir le calme.
Au cœur de la tension, un père de famille dont le nourrisson était pris en charge dans l’unité. Apparemment insatisfait des soins prodigués, il aurait manifesté son mécontentement de manière véhémente, rapidement rejoint par une vingtaine de ses proches. Ensemble, ils auraient exercé une pression sur l’équipe médicale de garde.
Des menaces de mort auraient été explicitement proférées à l’encontre du chef de service, un professeur de médecine de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM), ainsi que d’autres membres du personnel. Le principal suspect aurait crié à plusieurs reprises qu’il « tuerait » le médecin. Les policiers sont intervenus rapidement sur les lieux pour maîtriser la situation. Le père de famille a été interpellé et placé en garde à vue. Un dispositif policier a été maintenu sur place une partie de la nuit par mesure de précaution.
Le chef de service, absent lors des faits, a déposé plainte ce vendredi matin au nom de son équipe pour « menaces de mort ». Choqués par ces événements, au moins deux soignants ont cessé momentanément leurs activités. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur cette agression.
Contactée, l’AP-HM a confirmé le dépôt de plainte. Saïd Ouichou, médecin généraliste et élu local engagé, a réagi avec indignation : « Les gens font la loi jusque dans les services hospitaliers. Nous ne sommes en sécurité nulle part ». Il a plaidé pour l’application de la loi Pradal, récemment votée, afin de renforcer la sécurité des professionnels de santé : « Il faut que les juges appliquent la loi Pradal afin de faire comprendre à la population qu’agresser un soignant est un acte très grave ».