Home Économie A Munich, l’AOC prévient que les démocraties doivent agir pour que la classe ouvrière conjure « l’autoritarisme »

A Munich, l’AOC prévient que les démocraties doivent agir pour que la classe ouvrière conjure « l’autoritarisme »

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Publié le 17 février 2024 10:15:00. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez a plaidé pour une politique économique plus favorable à la classe ouvrière, estimant que c’est une condition essentielle pour contrer la montée de l’autoritarisme et préserver les valeurs démocratiques.

  • Alexandria Ocasio-Cortez met en garde contre le risque d’une montée de l’autoritarisme si les inégalités économiques persistent.
  • Elle critique l’interventionnisme militaire américain et les accords commerciaux passés, les jugeant préjudiciables à la classe ouvrière.
  • La députée esquive les questions sur une éventuelle candidature à la présidence et sur la mise en place d’une taxe sur la fortune.

La représentante démocrate de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, a exposé ses réflexions sur la politique étrangère et intérieure lors de sa première participation à la Conférence de Munich sur la sécurité. Ses interventions, qui ont suscité l’attention des dirigeants et diplomates présents, soulignent l’importance d’une réponse économique concrète aux préoccupations de la classe ouvrière pour renforcer la démocratie face aux défis autoritaires.

« Nous devons avoir une politique centrée sur la classe ouvrière si nous voulons réussir, et aussi si nous voulons conjurer les fléaux de l’autoritarisme, qui fournit également des sirènes politiques pour inciter les gens à trouver des boucs émissaires à blâmer pour la montée des inégalités économiques, tant au niveau national qu’international », a déclaré Ocasio-Cortez. Elle a dénoncé ce qu’elle perçoit comme une « trahison » ressentie par la classe ouvrière américaine envers les élites, pointant du doigt les conséquences négatives de l’interventionnisme militaire, notamment la guerre en Irak, et l’échec de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) pour de nombreux travailleurs.

La députée a insisté sur la nécessité de corriger les déséquilibres économiques et d’améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière. « Il est donc de la plus haute priorité que nous mettions de l’ordre dans nos affaires économiques et que nous apportions des gains matériels à la classe ouvrière », a-t-elle affirmé. « Sinon, nous tomberons dans un monde plus isolé, gouverné par des régimes autoritaires qui ne répondent pas non plus aux attentes des travailleurs. »

Interrogée sur ses ambitions politiques, et notamment sur une éventuelle candidature à la présidence, Ocasio-Cortez a esquivé une question directe sur la mise en place d’une taxe sur la fortune ou sur les milliardaires. « Je pense que nous n’avons pas besoin d’attendre qu’un président quelconque impose un impôt sur la fortune », a-t-elle répondu. « Je pense que cela doit être fait rapidement. »

Ses remarques constituent un avertissement aux élites présentes à Munich : une politique étrangère efficace ne peut se construire sans une amélioration tangible des conditions économiques des citoyens. Elle a souligné que la confiance dans les institutions démocratiques est directement liée à la capacité des gouvernements à répondre aux besoins de la population.

Lors d’un panel consacré à la montée du populisme, Ocasio-Cortez a évoqué son expérience personnelle de barmaid à New York, où elle a constaté un sentiment d’abandon et de méfiance envers le gouvernement, y compris au sein de son propre parti. Ce témoignage, présenté en avant-première à NBC News, illustre son approche pragmatique et son souci de comprendre les préoccupations des électeurs.

Elle a également critiqué l’attitude imprévisible de l’ancien président Donald Trump en matière de relations internationales, qualifiant ses menaces contre le Groenland de « non drôles » et préjudiciables à la confiance et aux relations internationales. « Ses menaces contre le Groenland ne sont pas une blague. Ce n’est pas drôle », a-t-elle déclaré. « Cela menace la confiance et les relations qui permettent à la paix de persister. » Elle a insisté sur le fait que les États-Unis ne peuvent pas se permettre de tenir des propos irresponsables qui mettent en péril leurs alliances.

Enfin, Ocasio-Cortez a exprimé son inquiétude face à une éventuelle intervention militaire américaine contre l’Iran, la qualifiant d’« escalade dramatique ». Elle a également critiqué l’aide américaine « totalement inconditionnelle » à Israël, estimant qu’elle permettait de perpétuer un « génocide » à Gaza. Elle a également esquivé une question sur l’éventualité d’une intervention militaire américaine pour défendre Taïwan en cas d’agression chinoise, affirmant qu’il fallait « être sûrs de ne jamais en arriver là ».

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