Publié le 2026-02-19 10:07:00. Une nouvelle étude révèle des anomalies dans le profil des acides gras à chaîne courte chez les enfants atteints de mucoviscidose, ce qui pourrait expliquer les troubles gastro-intestinaux fréquents associés à cette maladie génétique.
- Les enfants atteints de mucoviscidose présentent des niveaux plus faibles de valérate et d’isobutyrate dans leurs selles par rapport aux enfants en bonne santé.
- Ces déficiences sont liées à des habitudes alimentaires spécifiques, notamment un apport plus élevé en graisses saturées et un apport plus faible en fibres, ainsi qu’à une inflammation intestinale.
- Les chercheurs soulignent la nécessité d’approfondir les connaissances sur le rôle de ces acides gras et d’explorer des stratégies nutritionnelles ciblées pour améliorer la santé intestinale des patients.
Des chercheurs ont mené une étude observationnelle longitudinale auprès de 64 enfants atteints de mucoviscidose et de 64 enfants sains du même âge. L’objectif était d’analyser les concentrations d’acides gras à chaîne courte (AGCC) dans les selles et de déterminer si des différences existaient entre les deux groupes. Les participants ont également rempli un questionnaire détaillé sur leurs habitudes alimentaires, permettant d’établir des liens entre l’alimentation, le microbiome intestinal et l’inflammation.
L’analyse a révélé une diminution significative des taux de valérate et d’isobutyrate chez les enfants atteints de mucoviscidose. De plus, l’évolution de ces AGCC au fil du temps était plus variable chez les patients que chez les témoins. En général, les enfants en bonne santé présentent une augmentation des concentrations de butyrate, de valérate, d’isobutyrate et d’isovalérate avec l’âge, une tendance qui était absente chez les enfants atteints de mucoviscidose. Ces résultats suggèrent un développement perturbé du microbiome intestinal et de la production d’AGCC chez ces patients.
L’étude a également mis en évidence un lien entre les AGCC, la diversité du microbiome et l’inflammation intestinale. Un taux de butyrate plus élevé dans les selles était associé à une plus grande diversité microbienne, tandis qu’un taux plus faible était corrélé à des niveaux plus élevés de calprotectine fécale, un marqueur de l’inflammation intestinale. Ces observations renforcent l’idée que les AGCC jouent un rôle important dans la régulation de l’inflammation et de la santé intestinale.
En ce qui concerne l’alimentation, les enfants atteints de mucoviscidose avaient tendance à consommer davantage de graisses totales, en particulier des graisses trans et saturées, et moins de fibres, de céréales complètes et d’amidon résistant. Les auteurs suggèrent que cette alimentation, combinée à une diminution des populations bactériennes productrices d’AGCC, pourrait entraîner une production de butyrate moins efficace. Lorsque la production de butyrate est réduite, l’inflammation intestinale pourrait être exacerbée.
Les chercheurs soulignent que davantage de recherches sont nécessaires pour mieux comprendre le rôle des AGCC moins étudiés, tels que le valérate et l’isobutyrate, dans la mucoviscidose. Ils appellent à des études supplémentaires pour déterminer si des interventions nutritionnelles ciblées pourraient aider à stabiliser les concentrations d’AGCC dans les selles dès le plus jeune âge et ainsi améliorer la santé intestinale des patients. Des recherches récentes sur la maturation du microbiote intestinal confirment l’importance de ces premières années.
Référence : van Dorst J et al. Les enfants atteints de mucoviscidose présentent une disparité au début de leur vie dans les concentrations fécales d’acides gras à chaîne courte. Journal de la fibrose kystique. 2026 ; est ce que je:10.1016/j.jcf.2026.01.002.