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Actualités sur l’IA en santé 18/02/26 – HIStalk

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L’intelligence artificielle s’immisce de plus en plus dans le secteur de la santé, transformant la pratique médicale, la gestion des soins et même la négociation des factures hospitalières. Des jeunes entreprises innovantes aux établissements de santé de premier plan, l’IA promet d’améliorer l’efficacité, la précision et l’accès aux soins, mais soulève également des questions cruciales concernant la sécurité des données et la nécessité d’une expertise humaine.

Aux États-Unis, la société Mercor, fondée en 2023 par trois jeunes entrepreneurs de 19 ans, s’est rapidement imposée comme un acteur majeur dans le domaine de la validation des modèles d’IA. L’entreprise, valorisée à 10 milliards de dollars et générant un chiffre d’affaires annuel de 500 millions de dollars (environ 557 millions d’euros), rémunère des experts – notamment des médecins – plusieurs centaines de dollars par heure pour affiner les algorithmes d’autres sociétés. Mercor indique que les compétences les plus recherchées concernent le génie logiciel, la finance, la médecine et le droit.

L’IA s’invite également au chevet des patients. En Inde, le ministre en chef de l’Andhra Pradesh envisage de doter chaque résident d’un médecin personnel virtuel, alimenté par l’IA, pour suivre les données de santé et prodiguer des conseils personnalisés en matière d’alimentation, de mode de vie et de prévention. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large d’intégration des dossiers médicaux numériques avec d’autres plateformes, discutée cette semaine avec Bill Gates.

Dans un cas plus singulier, un homme a rapporté avoir utilisé l’IA Claude, développée par Anthropic, pour négocier une réduction significative de 163 000 $ (environ 151 000 €) sur une facture hospitalière de 195 000 $ (environ 180 000 €). Cette facture concernait quatre heures de soins d’urgence prodigués à son beau-frère, décédé d’une crise cardiaque. L’homme a demandé à Claude de créer un tableau comparatif entre les codes CPT facturés et les remboursements Medicare correspondants, qui s’élevaient à 29 000 $ (environ 26 800 €) pour les mêmes prestations. Il a ensuite présenté ce montant à l’hôpital, arguant d’un dégroupage inapproprié, de services mutuellement exclusifs et d’une facturation erronée de procédures hospitalières en milieu ambulatoire. L’hôpital a finalement consenti une remise de 37 000 $ (environ 34 000 €), et un accord de règlement, rédigé par Claude, a été signé.

Les Émirats arabes unis ont récemment lancé Amal, une assistante médicale basée sur l’IA. Ce système est capable de mener des entretiens préliminaires avec les patients, de synthétiser les informations médicales pour les médecins et de répondre aux questions des patients après leur consultation. Développée par Boston Health AI, Amal est accessible via une démonstration interactive en ligne.

Par ailleurs, Elsevier enrichit son outil d’aide à la décision clinique ClinicalKey AI avec une base de connaissances exhaustive, comprenant 1 000 revues et directives majeures en texte intégral et libres de droits d’auteur. Cette mise à jour inclut également un suivi des citations en temps réel, des mises à jour quotidiennes, des API pour l’intégration dans les flux de travail et des mesures de sécurité renforcées.

Cependant, le développement d’applications d’IA dans le domaine de la santé n’est pas sans embûches. La startup Kintsugi, spécialisée dans l’IA pour la santé mentale, a récemment cessé ses activités après avoir levé 30 millions de dollars (environ 27,8 millions d’euros). Sa PDG, Grace Chang, explique que la viabilité financière des startups dans ce secteur est compromise par les attentes des investisseurs en matière de croissance rapide des revenus récurrents, combinées aux délais d’approbation réglementaire de la FDA.

Une enquête menée auprès de 50 dirigeants de systèmes de santé par Guidehouse et HIMSS révèle que si 78 % d’entre eux ont des projets d’IA en cours, seulement la moitié se sentent réellement préparées à les mettre en œuvre. Les principales préoccupations concernent la cybersécurité, les contraintes budgétaires, la qualité des données et le manque d’expertise interne.

La clinique Cleveland pilote actuellement un outil d’IA, développé en collaboration avec la startup Piramidal Inc., pour détecter les crises d’épilepsie à partir d’électroencéphalogrammes (EEG) en unité de soins intensifs. Ce système permet de surveiller quotidiennement 120 patients, ce qui nécessiterait autrement environ deux heures d’analyse par un technicien pour chaque étude.

Enfin, bien que les systèmes d’IA soient de plus en plus intégrés aux flux de travail cliniques pour générer des alertes et automatiser des tâches, leur fiabilité limitée exige toujours une interprétation et une gestion en temps réel par les infirmières. Ces dernières reconnaissent le potentiel de l’IA pour améliorer la documentation et la surveillance, mais plaident pour des tests plus rigoureux, une plus grande transparence et une implication accrue dans le processus de développement.

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