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agitation, moments difficiles et promesses non contraignantes

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Publié le 21 février 2026 19h17. Un sommet mondial sur l’intelligence artificielle, qui s’est tenu à New Delhi, s’est achevé sans aboutir à des engagements concrets, malgré la présence de dizaines de milliers de participants et de dirigeants de plus d’une centaine de pays.

  • Le sommet a rassemblé des chefs d’entreprises technologiques et des dirigeants de plus d’une centaine de pays.
  • Les participants se sont accordés sur un appel commun en faveur d’une IA « sûre, fiable et robuste ».
  • L’Inde ambitionne de devenir un pôle majeur du développement de l’IA, mais cela nécessitera d’importants investissements en infrastructures énergétiques.

Après cinq jours de discussions, le grand sommet sur l’intelligence artificielle organisé en Inde s’est clos sur une note mitigée. Si l’événement a permis de réunir des acteurs clés du monde entier, les progrès vers une coopération internationale concrète en matière de régulation de l’IA se sont avérés limités. Les participants ont simplement réaffirmé leur engagement en faveur d’une intelligence artificielle « sûre, fiable et robuste », sans toutefois traduire cet accord en mesures contraignantes.

Le sommet, qui s’est déroulé dans la capitale indienne, New Delhi, a été marqué par des difficultés logistiques, notamment des problèmes de circulation et de longues files d’attente. Malgré ces contraintes, les dirigeants mondiaux et les magnats de la technologie ont pu échanger sur les enjeux et les risques liés à l’IA, ainsi que sur la nécessité d’une stratégie internationale inclusive et responsable. L’Inde, de son côté, a réaffirmé son ambition de devenir un acteur majeur dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Le pays souhaite notamment développer son secteur informatique, déjà solide, et tirer parti de son milliard d’utilisateurs d’internet. Pour atteindre cet objectif, l’Inde prévoit de construire des centres de données, ce qui nécessitera d’importantes capacités de production d’énergie, notamment grâce à de nouvelles centrales nucléaires.

Plus de 250 milliards de dollars (212 milliards d’euros) d’investissements extérieurs ont été promis pour soutenir le développement de l’IA en Inde, a annoncé le ministre de l’informatique, Ashwini Vaishnaw. Le groupe indien Tata a également signé un accord de coopération avec OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT.

L’Inde considère ce sommet comme un succès, notamment en raison de la signature d’une déclaration commune par 86 pays. Celle-ci souligne « l’importance de promouvoir une IA sûre, fiable et robuste pour instaurer la confiance et maximiser les avantages sociétaux et économiques ».

Cependant, aucun engagement concret n’a été pris concernant l’établissement de règles internationales contraignantes. Des promesses ont été formulées en matière de coopération en matière de recherche, mais elles restent dépourvues de valeur juridique.

« L’avenir de l’IA ne peut être déterminé par quelques pays ni laissé aux caprices de quelques milliardaires. »

António Guterres, secrétaire général de l’ONU

La délégation américaine, en particulier, s’est montrée réticente à toute forme de réglementation. L’année dernière, lors d’un sommet à Paris, les États-Unis avaient déjà refusé de signer la déclaration finale sur l’IA pour les mêmes raisons. Selon Washington, des règles internationales trop strictes pourraient freiner l’innovation. Cette position n’a pas évolué.

« Nous rejetons totalement le contrôle mondial sur l’IA », a déclaré la délégation américaine à New Delhi.

L’Union européenne tente actuellement de réglementer l’intelligence artificielle. Le président français Emmanuel Macron et le secrétaire général de l’ONU António Guterres ont mis en garde, lors du sommet de New Delhi, contre les risques de monopoles dans le domaine de l’IA. « L’avenir de l’IA ne peut être déterminé par quelques pays ni laissé aux caprices de quelques milliardaires », a insisté António Guterres. « L’IA devrait appartenir à tout le monde. »

Robothond

Le sommet a également été marqué par quelques incidents insolites. Un chien robotique « made in India » a été présenté, mais il s’est avéré être d’origine chinoise. L’université indienne responsable du projet a tenté de minimiser l’impact de cette révélation, en expliquant qu’elle était uniquement chargée de la programmation du robot.

Une autre scène embarrassante s’est produite lorsque le Premier ministre Modi a invité les PDG des entreprises technologiques à monter sur scène. Il leur a demandé de se tenir la main et de la lever collectivement, comme à la fin d’une pièce de théâtre. La plupart des PDG ont participé, mais Sam Altman (OpenAI) et Dario Amodei (Anthropic) ont refusé de se joindre à la chorégraphie, soulignant ainsi la rivalité entre les entreprises d’IA.

Les patrons des sociétés d’IA refusent de se tenir la main lors du sommet en Inde

Altman a déclaré par la suite qu’il avait été pris au dépourvu par la demande du Premier ministre Modi. « Je n’étais pas sûr de ce qu’on attendait de nous. »

Bill Gates, qui devait prononcer un discours lors du sommet, s’est finalement désisté quelques heures avant l’événement, sans qu’aucune raison ne soit officiellement invoquée. Des sources évoquent toutefois un lien avec les controverses entourant les liens de Gates avec Jeffrey Epstein, un criminel sexuel condamné.

La Fondation Gates a précisé que le milliardaire avait renoncé à prendre la parole « afin de garantir que l’attention reste concentrée sur les priorités clés du Sommet sur l’IA ».

Le Global AI Summit se tient chaque année depuis 2021. La Suisse accueillera la prochaine édition en 2027, à Genève.

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