Publié le 2025-10-21 08:15:00. Le gouvernement indonésien est toujours en attente d’instructions présidentielles concernant la gestion de la dette colossale du train à grande vitesse Jakarta-Bandung, tout en explorant diverses pistes de remboursement.
Le ministre coordinateur des Infrastructures et des Affaires territoriales, Agus Harimurti Yudhoyono (AHY), a confirmé que son ministère attendait les directives du président Prabowo Subianto pour le projet de train à grande vitesse Indonésie-Chine (KCIC), surnommé « Whoosh ». Parallèlement, des options de remboursement sont activement étudiées.
« Nous attendons toujours les directives du Président tout en continuant à développer les options les meilleures et les plus durables. Cela signifie que nous pourrons ensuite discuter du développement du prochain train rapide reliant Jakarta à Surabaya. J’ai l’impression que nous nous connaissons tous mieux », a déclaré AHY lors d’une conférence de presse au Palais présidentiel à Jakarta, le lundi 20 octobre 2025.
AHY a précisé qu’il ne pouvait pas encore communiquer les options finales, celles-ci étant encore en cours de calcul. Il a expliqué que les discussions portaient notamment sur la contribution potentielle de PT Danantara (la holding d’État regroupant les entreprises publiques) et du ministère des Finances.
Le ministre a par ailleurs indiqué qu’une réunion avait eu lieu avec Danantara, le ministère des Transports et PT Kereta Api Indonesia (KAI) pour aborder la restructuration de la dette du KCIC. Il a souligné que ce fardeau financier ne devait pas entraver les futurs projets d’infrastructure, tels que la connexion ferroviaire entre Jakarta et Surabaya.
« En effet, cette dette qui doit être réglée immédiatement ne doit pas entraver nos grands projets visant à développer davantage la connectivité. Auparavant, Jakarta et Surabaya », a ajouté AHY.
Le refus du ministre des Finances d’utiliser les fonds publics
Pour rappel, le ministre des Finances, Purbaya Yudhi Sadewa, avait précédemment affirmé qu’il refuserait d’utiliser le budget de l’État (APBN) pour rembourser la dette du train à grande vitesse Jakarta-Bandung, dont le montant s’élèverait à 116 000 milliards de roupies indonésiennes (environ 7,1 milliards d’euros).
Bien que Danantara, en tant que « superholding » des entreprises d’État (BUMN), ait exploré des pistes pour alléger le financement du projet, y compris un éventuel soutien de l’APBN, M. Purbaya a rejeté cette proposition. Il estime que la dette du projet KCIC incombe exclusivement aux entreprises publiques concernées et non au gouvernement.
Le ministre des Finances a rappelé que depuis la création de Danantara, tous les dividendes des entreprises publiques sont désormais versés à cette holding et ne sont plus considérés comme des recettes publiques non fiscales (PNBP). Ces dividendes représentent une somme considérable, estimée à environ 80 000 milliards de roupies indonésiennes par an.
« Si Danantara a été créé, ils ont déjà leur propre direction, ils ont déjà leurs propres dividendes qui, en moyenne par an, peuvent atteindre 80 000 milliards IDR ou plus, ils devraient gérer à partir de là. Ne revenez plus vers nous (ministère des Finances). »
Purbaya Yudhi Sadewa, Ministre des Finances