Publié le 10 février 2026 à 10h38. L’Airbus Beluga, reconnaissable à sa forme unique inspirée des baleines, a joué un rôle crucial dans la logistique du constructeur aéronautique. Après des années de service, la flotte est progressivement retirée, mais certains appareils connaissent une seconde vie inattendue.
- Airbus a mis en service une nouvelle génération de Beluga, le BelugaXL, offrant une capacité de transport accrue.
- La compagnie aérienne cargo Airbus Beluga Transport (AiBT), créée pour exploiter les anciens BelugaST, a cessé ses activités faute de demande.
- Un seul BelugaST reste opérationnel, tandis que les autres sont retirés du service ou destinés à des projets éducatifs.
Pendant des années, le Beluga, avec son fuselage massif et sa forme distinctive rappelant celle d’une baleine, a été un spectacle familier dans le ciel européen. Ces avions, basés sur le modèle A300-600ST, étaient essentiels pour transporter des composants d’avions de grande taille, notamment des ailes, entre les différentes usines d’Airbus. Leur capacité à accueillir des pièces jusqu’à 30 mètres de long a révolutionné la logistique du constructeur.
L’arrivée du BelugaXL a marqué une nouvelle étape. Avec une capacité de charge de 47 tonnes, ce nouvel appareil peut transporter deux ailes à la fois, soit une augmentation de 30 % par rapport au BelugaST. Cette amélioration, combinée à une optimisation de la chaîne logistique « juste à temps », a permis à Airbus d’accroître sa cadence de production sans avoir recours à une flotte plus importante ou à des vols supplémentaires. Les BelugaXL sont devenus les piliers de la logistique d’Airbus, assurant le transport des ailes fabriquées à Broughton (Royaume-Uni) vers les sites d’assemblage de Toulouse (France) et de Hambourg (Allemagne).
Conçus pour une durée de vie d’environ 40 000 heures de vol et mis en service en 1995, les premiers BelugaST ont commencé à atteindre la fin de leur vie utile au début des années 2020. Plutôt que de les mettre à la casse, Airbus a estimé qu’ils pouvaient encore voler pendant une vingtaine d’années. C’est ainsi qu’est née Airbus Beluga Transport (AiBT), une nouvelle compagnie aérienne cargo chargée d’exploiter ces appareils pour le transport de marchandises volumineuses et lourdes, telles que des satellites, des moteurs d’avion ou des hélicoptères. AiBT a obtenu son certificat d’exploitation aérienne en novembre 2023, mais a finalement fermé ses portes moins d’un an plus tard, en raison d’un manque de demande, notamment en raison de la remise en service des Antonov An-124, des avions de transport soviétiques traditionnellement utilisés pour ce type de fret, après avoir été immobilisés suite au conflit russo-ukrainien ici.
Sur les cinq BelugaST initialement construits, un seul reste en service aujourd’hui : le F-GSTC « 3 ». Les autres ont été retirés du service ou attendent une nouvelle affectation. Le premier exemplaire (immatriculation F-GSTA « 1 ») a pris sa retraite à Bordeaux le 21 avril 2021, suivi du F-GSTB « 2 » le 18 décembre 2025. Le F-GSTD « 4 » a été retiré de service à Toulouse le 17 septembre 2025, et le cinquième, le F-GSTF « 5 », a pris ses adieux à Broughton le 29 janvier 2026. Ce dernier sera transformé en salle de classe interactive pour l’enseignement des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) au Royaume-Uni plus d’informations.
L’histoire du Beluga rappelle celle du Super Guppy, un autre avion de transport hors du commun. L’Espagne avait d’ailleurs envisagé d’acquérir un Super Guppy, mais a finalement renoncé en raison d’un manque de place au Musée de l’Air de Getafe. L’appareil a été vendu à la NASA et continue de voler aujourd’hui. De même, le prototype de l’A400M qui se trouvait à Séville a finalement été démantelé, tandis que ses homologues sont exposés au musée français Aeroscopia ou à l’usine Airbus de Brême détails ici.
Source | Brian Bukowski, CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons