Home Santé Les changements proposés au régime de soins de santé pour les employés de l’État constituent un grand pas en arrière (Point de vue)

Les changements proposés au régime de soins de santé pour les employés de l’État constituent un grand pas en arrière (Point de vue)

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Publié le 10 février 2024 01:52:00. Une proposition de modification des régimes de santé pour les employés de l’État du Massachusetts suscite l’inquiétude, craignant une augmentation significative des coûts pour les usagers et un recul de l’accès aux soins, alors que l’État se targue traditionnellement d’un système de santé équitable et abordable.

  • La Commission des assurances collectives du Massachusetts (GIC) doit voter jeudi sur des changements qui pourraient doubler les franchises et augmenter de 50 % les quotes-parts.
  • Ces modifications pourraient rendre les soins inabordables pour 460 000 employés de l’État, retraités et leurs familles.
  • Des experts estiment que l’augmentation du partage des coûts pourrait paradoxalement entraîner une hausse globale des dépenses de santé en raison du report des soins.

La Commission des assurances collectives du Massachusetts (GIC), qui agit comme une centrale d’achat pour les régimes d’assurance maladie, est sur le point de prendre une décision qui pourrait remettre en question la réputation de l’État en matière d’accès aux soins. Les changements proposés, qui incluent une augmentation substantielle des franchises – le montant que les patients doivent payer avant que leur assurance ne prenne effet – et des quotes-parts, suscitent de vives critiques. Pour certains régimes, la franchise annuelle pourrait atteindre 750 $ pour une personne seule et 1 500 $ pour une famille (soit environ 690 € et 1 380 € au taux de change actuel). Parallèlement, les quotes-parts, le montant fixe facturé lors d’un rendez-vous médical, pourraient augmenter de 50 %.

Les opposants à ces mesures soulignent que la GIC affiche publiquement des priorités stratégiques axées sur l’abordabilité des soins, la santé comportementale et l’équité en santé. Or, selon eux, les changements proposés sont en contradiction flagrante avec ces objectifs. La GIC elle-même reconnaît un « certain décalage » entre l’augmentation des franchises et l’équité en matière de santé, et estime que ces modifications sont fortement en désaccord avec l’objectif d’abordabilité. De manière surprenante, l’équité en santé a été jugée « non applicable » aux augmentations de quotes-parts.

Plusieurs études confirment que l’augmentation du partage des coûts par les patients a tendance à réduire l’accès aux soins, y compris pour les services essentiels. Une étude de la Kaiser Family Foundation a révélé qu’une augmentation même modeste des coûts (environ 5 $) peut dissuader les patients de consulter, en particulier dans les communautés à faible revenu. Ce report de soins peut entraîner une détérioration de l’état de santé, des hospitalisations plus fréquentes et, dans les cas les plus graves, des décès évitables.

Les critiques mettent en garde contre un effet pervers : en limitant l’accès aux soins préventifs, ces changements pourraient paradoxalement augmenter les coûts globaux du système de santé. Une étude menée en 2013 dans le Massachusetts a démontré qu’une augmentation des quotes-parts pour les visites aux urgences entraînait une diminution de 25 à 30 % des consultations pour des problèmes de santé graves, mais aussi une augmentation des hospitalisations à long terme, car des affections qui auraient pu être traitées rapidement aux urgences se transformaient en problèmes de santé chroniques et coûteux.

Pour illustrer les conséquences potentielles, les auteurs de cette analyse évoquent le cas d’un enfant asthmatique dont la famille, incapable de payer une quote-part de 150 $ (environ 138 €) pour une consultation aux urgences en cas de crise, serait contrainte d’attendre à la maison. Ce retard pourrait entraîner des dommages permanents aux voies respiratoires, une diminution de la fonction pulmonaire et un risque accru de complications graves.

Les signataires de cet article, Jamie Hartmann-Boyce et Theo Schall, du Département de promotion et de politique de la santé de l’Université du Massachusetts à Amherst, appellent la commission à défendre les valeurs d’équité et d’accès aux soins qui sont chères aux habitants du Massachusetts. Ils soulignent que l’État a l’opportunité de montrer l’exemple en maintenant un accès abordable aux soins, notamment grâce au « Fair Share Amendment » – une taxe marginale de 4 % sur les millionnaires – qui a permis de renforcer l’équité dans l’éducation publique, les infrastructures et les transports.

« Le Massachusetts prétend être engagé en faveur de l’équité en santé. Les modifications proposées au CPG constituent une menace directe à cet objectif. »

Jamie Hartmann-Boyce et Theo Schall, Département de promotion et de politique de la santé de l’Université du Massachusetts à Amherst

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