Publié le 20 octobre 2025, 17h59. Le discounter allemand Aldi Süd a annoncé qu’il ne proposerait plus, sous sa marque propre, de viande issue des méthodes d’élevage les moins exigeantes. Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large du secteur de la distribution à améliorer le bien-être animal, bien que le chemin vers une conversion totale soit semé d’embûches.
Aldi Süd, qui compte environ 2 000 magasins dans le sud et l’ouest de l’Allemagne, supprimera progressivement la viande de sa propre marque correspondant aux niveaux d’élevage les plus bas pour le bœuf, le porc, le poulet et la dinde dès la mi-janvier 2026. Les produits de marques nationales et les spécialités internationales ne sont pas concernés par cette mesure.
D’autres enseignes de distribution allemandes suivent une démarche similaire. Rewe et sa filiale discount Penny visent également de passer, au minimum, à une agriculture de type 2. Lidl, de son côté, avait fixé cet objectif pour fin février 2026 et l’a « essentiellement déjà atteint », selon une porte-parole.
Le système d’étiquetage « Haltungsform » (forme d’élevage) est un système volontaire allemand qui classe la viande et les produits transformés de porc, de bœuf et de volaille selon cinq niveaux d’exigence. Le niveau 1 correspond à l’hébergement conventionnel en stabulation, respectant les normes légales minimales. Le niveau 5, le plus élevé, équivaut au label biologique, offrant plus d’espace, un accès à l’extérieur et une alimentation biologique. Le niveau 3 garantit aux animaux plus d’espace et un contact avec l’air frais, tandis que le niveau 4 leur permet de courir dehors.
Un vaste mouvement d’ici 2030
Pour d’autres acteurs majeurs comme Aldi Nord, Kaufland, Edeka et Netto, la transition est moins rapide. Si ces enseignes ont déjà progressé sur les critères d’élevage pour le porc et la volaille, elles n’ont pas communiqué d’objectifs de conversion totale de leurs marques propres. La viande de bœuf fraîche issue du niveau d’élevage le plus bas reste ainsi encore disponible dans leurs rayons.
Aldi Nord justifie cette approche par l’approvisionnement limité en viande répondant à des critères d’élevage supérieurs et par la volatilité des prix de la viande bovine ces derniers mois, qui soulève des inquiétudes quant à la sensibilité au prix des consommateurs.
Malgré ces défis, les grandes chaînes de distribution s’engagent à convertir l’ensemble de leur gamme de viande fraîche de marques propres en Allemagne pour le bœuf, le porc et la volaille vers les niveaux d’élevage supérieurs 3 et 4 d’ici 2030. Cet engagement est toutefois conditionné à la disponibilité suffisante des produits sur le marché, comme le soulignent les entreprises. Une première annonce commune d’Aldi Nord et Süd sur ce projet date de juin 2021.
Une demande croissante pour des conditions d’élevage améliorées
Aldi constate une augmentation régulière de la demande pour des produits issus de systèmes d’élevage plus exigeants. Selon Aldi Süd, 90 % de son assortiment est constitué de marques propres. Dans ce segment, la moitié de la viande fraîche et plus d’un tiers des produits carnés transformés réfrigérés proviennent déjà des niveaux d’élevage 3, 4 et 5. L’enseigne n’a pas précisé la proportion de viande issue du niveau d’élevage 1.
L’Initiative pour le bien-être animal (Initiative Tierwohl), un acteur clé du secteur de l’élevage, confirme cette tendance vers des produits offrant de meilleures conditions d’élevage. Les données les plus récentes pour 2023 indiquent que seulement 1,5 % de la viande de porc en libre-service provenait du niveau 1. Pour les dindes et les poulets, il ne restait plus de viande du niveau d’élevage le plus bas dans les rayons réfrigérés. Cependant, concernant la viande bovine, plus des trois quarts provenaient encore du premier niveau en 2023.