Publié le 2025-10-20 18:15:00. Trois jeunes hommes ont été reconnus coupables au terme d’un procès tendu à Vienne, où un enseignant, victime présumée de chantage, de viol et d’abus sexuels, livrait son témoignage. Les verdicts, rendus lundi soir, ont abouti à des peines de prison allant de cinq mois à trois ans et demi.
- Condamnations pour trois principaux accusés dans une affaire de chantage et d’agressions multiples visant un enseignant à Vienne-Liesing.
- Les peines prononcées varient, incluant des peines de prison ferme et avec sursis.
- Un quatrième jeune homme, autrefois en relation consensuelle avec la victime, a été acquitté d’une accusation de vol qualifié.
Le tribunal pénal régional de Vienne a rendu son verdict lundi soir, couronnant un procès qui a tenu en haleine l’opinion publique. Trois des principaux accusés ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Un Irakien de 15 ans écope de trois ans et demi de prison sans condition. Un jeune Roumain de 17 ans est condamné à trois ans, tandis qu’un Afghan de 15 ans purgera quinze mois de détention, dont cinq ferme. Les verdicts ont été annoncés peu après 19 heures.
Trois autres prévenus ont également été condamnés, recevant des peines de prison allant de quatre à dix-huit mois, prononcées en partie avec sursis. Le quatrième inculpé, âgé de 17 ans, a quant à lui été acquitté de l’accusation de vol qualifié, le juge ayant reconnu l’existence d’une relation consensuelle entre lui et l’enseignant. Le juge a qualifié les déclarations de la victime d’« absolument crédibles » et « cohérentes avec les preuves », considérant les aveux partiels des prévenus comme de simples « demandes conservatoires ».
« Une situation difficile exploitée sans vergogne »
Au cours de l’instruction, la victime avait confié sa peur initiale à révéler les faits, craignant les répercussions. La procureure a d’ailleurs souligné lors de son réquisitoire final que les accusés avaient « exploité sans vergogne leur situation difficile », sans manifester le moindre remords. Elle a précisé que si l’enseignant avait « pris de mauvaises décisions », le but du procès n’était « en aucun cas de porter un jugement moral sur l’enseignant ».
Du côté de la défense, Me David Jodlbauer, avocat de l’un des principaux accusés, a mis en avant les « contradictions » dans le récit de la victime, appelant le tribunal à appliquer le principe du doute inscrit dans le Code pénal.
Les parents de la victime ont témoigné
Avant le prononcé des verdicts, les parents de l’enseignant ont été appelés à la barre. « Je n’ai jamais vu ma fille aussi épuisée », a déclaré le père, décrivant comment sa fille s’était d’abord confiée à sa sœur cadette avant de révéler la triste vérité à ses parents. Ils ont appris qu’elle avait été « terrorisée, victime de chantage, volée et violée par une bande de jeunes », et qu’elle avait été « droguée » et humiliée. Le père a également évoqué les vols répétés d’argent, mentionnant une tirelire de 800 euros, des économies destinées aux vacances, ainsi que 300 euros dérobés dans un sac à main.
L’enseignant aurait également été contrainte par des « photos compromettantes ». Sa peur de voir ses relations avec ces jeunes révélées à l’école, et par conséquent « que cela finisse mal dans sa carrière », l’avait rendue « totalement confuse » et l’avait dissuadée de s’adresser à la police.
Réduit au silence par honte
Avec le temps, sa fille avait espéré que les sept jeunes hommes, âgés de 14 à 17 ans, ne s’intéresseraient plus à elle. Cependant, la pression persistait, alimentée par la peur d’être découverte. « La honte. Elle n’avait personne à part nous. Elle était socialement déconnectée », a confié sa mère.
Les trois accusés principaux – un Irakien de 15 ans, un Roumain de 17 ans et un Afghan de 15 ans – étaient en détention provisoire depuis huit mois. Ils nient les accusations les plus graves de viol et d’abus sexuels, mais reconnaissent les faits d’incendie criminel dans l’appartement de la victime. Un des prévenus, alors âgé de 16 ans et aujourd’hui 17 ans, entretenait une relation sexuelle brève et consensuelle avec l’enseignante, ce qui le rendait pénalement irresponsable pour ces faits. Il était cependant accusé de participation au vol de la tirelire, un fait qu’il a nié.
L’incendie criminel comme dernier point
L’incendie criminel, survenu peu après l’ouverture d’une enquête policière, a rendu l’affaire « impossible à garder secrète », selon le père de la victime. « Tout cela a abouti à l’incendie criminel », a-t-il conclu.
La mère a présenté une version différente de la relation initiale entre sa fille et le jeune homme de 16 ans, affirmant qu’il était simplement « entré dans l’appartement ». L’enseignante elle-même a admis avoir contacté le jeune homme très tard, en état d’ébriété, et l’avoir invité chez elle, menant à leur première relation sexuelle consensuelle. La mère a insisté sur le fait que sa fille n’avait jamais mentionné une relation amoureuse, le mot « amour » n’ayant jamais été prononcé. Elle a ajouté : « Elle était complètement menacée, elle avait peur ».
Un rapport psychiatrique a révélé que la femme souffrait de dépression chronique et de troubles de stress post-traumatique suite aux agressions, qualifiées de blessures corporelles graves.
Rendu vulnérable au chantage
La relation sexuelle consensuelle et brève avec le jeune homme de 16 ans aurait rendu l’enseignante vulnérable au chantage. Selon l’acte d’accusation, plusieurs suspects l’auraient violemment agressée, s’introduisant dans son appartement et l’obligeant à payer des médicaments, des courses et des factures de taxi. Trois agressions sexuelles auraient eu lieu. Le plus jeune des prévenus était également présent lors de l’effraction et de l’incendie criminel de l’appartement de la femme, perpétrés dans la nuit du 16 janvier 2025 par deux autres prévenus de 15 ans.
Les incendiaires recherchaient des bijoux et autres objets de valeur. Après avoir dérobé leur butin, ils ont allumé le feu à deux endroits, provoquant la destruction totale de l’appartement.