Publié le 15 février 2026 13:42:00. L’industrie aérienne européenne tire la sonnette d’alarme face à des risques de chaos aux frontières dès l’été 2026 avec la mise en œuvre du nouveau système d’entrée et de sortie (SES). Les aéroports et compagnies aériennes craignent des attentes pouvant atteindre quatre heures pour les voyageurs.
- Les aéroports et compagnies aériennes européennes mettent en garde contre des retards massifs liés au nouveau système de contrôle des frontières.
- Un manque de personnel et des problèmes techniques récurrents sont pointés du doigt comme causes principales de ces difficultés.
- L’industrie aérienne demande une suspension temporaire du système et un report de sa mise en œuvre complète.
Les organisations ACI Europe, qui représente 600 aéroports dans 55 pays, et Airlines for Europe ont adressé un avertissement urgent à la Commission européenne. Elles craignent que le Système d’entrée et de sortie (SES), une technologie de contrôle électronique des frontières lancée en octobre dernier, ne provoque des perturbations majeures pendant la haute saison estivale de juillet et août 2026.
Le SES, qui a remplacé le tamponnage traditionnel des passeports, est confronté à des difficultés significatives. Les organisations professionnelles dénoncent une combinaison de facteurs préoccupants : un manque chronique de personnel aux points de contrôle et des pannes technologiques qui persistent malgré les efforts de correction. Ces problèmes affectent déjà les citoyens non européens entrant ou sortant de l’espace Schengen.
La situation pourrait s’aggraver considérablement avec l’augmentation du nombre de passagers pendant l’été, période où le trafic aérien double généralement. Selon Olivier Jankovec, directeur général d’ACI Europe, il existe un fossé important entre la perception des institutions européennes, qui estiment que le système fonctionne correctement, et la réalité opérationnelle sur le terrain.
« Il existe un décalage complet entre la perception des institutions de l’Union européenne, qui estiment que le système fonctionne correctement, et la réalité opérationnelle. »
Olivier Jankovec, directeur général d’ACI Europe
Les retards et les inconvénients subis par les voyageurs sont considérables et nécessitent une action immédiate, souligne M. Jankovec.
La gravité de la situation est illustrée par un incident survenu début janvier 2026 au Portugal, où les autorités ont été contraintes de suspendre le système EES à l’aéroport de Lisbonne pendant 90 jours en raison de files d’attente devenues ingérables.
Face à ces difficultés, l’industrie aérienne a formellement demandé à Bruxelles de suspendre temporairement l’application du contrôle électronique des passeports. Elle propose de revenir à la méthode de contrôle traditionnelle pendant les vacances d’été et de reporter la mise en œuvre complète du système au dernier trimestre 2026 (octobre), afin de permettre la résolution des problèmes logiciels et le renforcement des mesures de sécurité.
Qu’est-ce que le système SES et pourquoi génère-t-il des frictions ?
L’Union européenne a mis en place le SES dans le but de moderniser la sécurité des frontières. Ses principaux objectifs sont de contrôler la durée de séjour des voyageurs (détecter automatiquement ceux qui dépassent les 90 jours autorisés sur une période de 180 jours) et de prévenir la criminalité en identifiant les fraudes documentaires et l’usurpation d’identité grâce à la biométrie.
Cependant, les experts estiment que l’infrastructure aéroportuaire actuelle n’est pas suffisamment préparée pour gérer le volume de données que le système exige en temps réel. Sans intervention rapide, l’été 2026 pourrait être marqué par des files d’attente interminables dans les terminaux internationaux, au détriment de l’expérience des voyageurs.