Home Accueil Alors que les États-Unis augmentent la pression, le Venezuela demande l’aide de Moscou et de Pékin.

Alors que les États-Unis augmentent la pression, le Venezuela demande l’aide de Moscou et de Pékin.

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Publié le 2025-11-01 02:03:00. Face à la pression américaine, le président vénézuélien Nicolas Maduro sollicite le soutien militaire et technologique de la Russie, de la Chine et de l’Iran pour renforcer la défense de son pays. Ces demandes interviennent dans un contexte de tensions accrues dans la région et de déploiement naval américain dans les Caraïbes.

  • Nicolas Maduro a adressé des demandes de modernisation des radars, de réparation d’aéronefs et d’acquisition de missiles à la Russie.
  • Le Venezuela cherche également à obtenir une « coopération militaire accrue » de la Chine et un soutien technologique de l’Iran, incluant drones et brouilleurs GPS.
  • Ces manœuvres diplomatiques interviennent alors que les États-Unis intensifient leur présence militaire dans les Caraïbes, notamment avec le déploiement du porte-avions USS Gerald Ford.

Selon des documents internes du gouvernement américain révélés par Le Washington Post, le leader vénézuélien a envoyé des missives ce mois-ci à ses homologues russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, ainsi qu’à des responsables iraniens. Les requêtes portent sur des équipements de défense essentiels, tels que des systèmes de détection radar performants, des drones d’une portée de 1 000 km, et des « équipements de détection passive ». Cette démarche s’inscrit dans un climat de défiance vis-à-vis de Washington, que Maduro accuse de menaces et de manœuvres hostiles, notamment des interceptions de navires au large des côtes sud-américaines.

La Russie demeure un soutien de taille pour le régime de Maduro, malgré les sanctions américaines qui visent notamment son commerce d’armes. Un avion russe, dont le trajet a contourné l’espace aérien occidental, a récemment atterri à Caracas. Moscou et Caracas ont paraphé un nouveau traité stratégique peu avant cet événement. Ce rapprochement témoigne des intérêts russes au Venezuela, notamment via l’usine Kalachnikov inaugurée en juillet dernier et des accords d’exploration dans les secteurs du gaz et du pétrole, dont la valeur est estimée à plusieurs milliards de dollars.

Cependant, les analystes notent que l’intérêt et les capacités de Moscou à soutenir Maduro pourraient être limités, ce dernier étant par ailleurs engagé dans la guerre en Ukraine. Cette situation de crise au Venezuela pourrait paradoxalement servir les intérêts de la Russie en détournant l’attention américaine de l’Europe. Les liens entre Moscou et Caracas remontent à l’époque d’Hugo Chávez, s’étendant aujourd’hui au secteur pétrochimique, aux achats d’armements, à la propagande et à des transactions opaques en cryptomonnaies.

Le déploiement naval américain dans les Caraïbes, incluant le porte-avions USS Gerald Ford, représente un défi majeur pour le Venezuela de Maduro. Les autorités américaines ont mené plusieurs opérations contre des navires suspectés de trafic de drogue depuis septembre, des accusations que Caracas dément. La Russie, par la voix du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, s’est dite « profondément préoccupée par l’escalade croissante des activités de Washington », tout en prônant une résolution respectant le droit international.

Malgré la fermeté affichée, des experts soulignent que la Russie a récemment concentré ses efforts de renseignement en Amérique latine au Nicaragua, délaissant quelque peu le Venezuela. Le traité stratégique bilatéral, bien que couvrant la coopération en matière de défense, reste vague quant à un engagement militaire direct de Moscou en cas de conflit. La capacité de la Russie à intervenir militairement est par ailleurs amoindrie par ses propres engagements en Ukraine.

Concernant l’équipement militaire, des sources proches des forces armées vénézuéliennes estiment qu’une partie des armes russes acquises, notamment les chasseurs Soukhoï Su-30MK2, sont obsolètes ou hors d’usage. Un ancien militaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué qu’en 2018, moins de cinq Soukhoï étaient opérationnels. Néanmoins, Maduro a récemment affirmé le déploiement de 5 000 missiles sol-air portables Igla-S à travers le pays.

Pour la Russie, un changement de régime au Venezuela représenterait une perte stratégique significative, affaiblissant également Cuba, un allié historique de Moscou dont les services de renseignement sont étroitement liés à Maduro. Le traité de coopération, bien que signé, ne garantit pas un soutien militaire explicite. « La Russie ferait-elle quelque chose [en cas d’opération américaine] ? Je pense que cela ne fait pas partie des plans immédiats des autorités russes », commente un spécialiste. La Russie reste toutefois un partenaire dans l’industrie pétrolière vénézuélienne, fournissant des intrants essentiels et investissant dans des coentreprises productrices.

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