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Alzheimer et démence, 90 mille personnes soignées en Toscane: conseils du médecin-chef Gianluca Moscato

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Publié le 2024-11-21 14:35:00. Les diagnostics de démence neurodégénérative, dont la maladie d’Alzheimer, connaissent une augmentation inquiétante de 25 % en un an à Livourne, reflétant une tendance nationale alarmante face au vieillissement de la population.

  • Une hausse de 25 % des nouveaux cas de démence a été constatée à Livourne au cours de la dernière année.
  • La Toscane, avec une population parmi les plus âgées d’Italie, est particulièrement touchée par cette augmentation.
  • Des premiers signes subtils peuvent signaler le développement d’une démence, nécessitant une vigilance accrue de la part des familles et des professionnels de santé.

La démence, terme générique englobant diverses pathologies, affecte actuellement environ 1,43 million de personnes en Italie. Les projections indiquent un quasi-doublement de ce chiffre d’ici 2050. À Livourne, plus d’un millier de patients sont suivis pour des troubles cognitifs par l’équipe de neurologie du Spedali Riuniti.

Selon le docteur Gianluca Moscato, responsable du service de neurologie de Livourne, cette augmentation des diagnostics n’est pas un phénomène isolé.

«À Livourne, nous suivons plus d’un millier de patients souffrant de démence, pris en charge par l’équipe de neurologie du Spedali Riuniti. Et rien qu’au cours de la dernière année, les nouveaux diagnostics ont augmenté de 25 pour cent par rapport à 2023. Et nous ne parlons pas d’un pic isolé : c’est une tendance qui est malheureusement vouée à s’accentuer.»

Gianluca Moscato, responsable du service de neurologie de Livourne

Cette tendance s’inscrit dans un contexte national où l’on estime à 1,43 million le nombre de personnes atteintes de démence fin 2023.

La situation en Toscane est particulièrement préoccupante, avec une estimation de 85 à 90 000 personnes touchées en 2023. La région se distingue par une population vieillissante, avec 26 à 27 % des habitants âgés de plus de 65 ans. La démence étant fortement liée à l’âge, le problème prend une ampleur significative dans cette région.

Il est important de distinguer les démences à début tardif, qui surviennent après 65 ans, des démences à début précoce, touchant les personnes entre 35 et 64 ans (environ 1 500 cas en 2023). Par ailleurs, près d’un million de personnes en Italie présentent un trouble cognitif léger, une condition où les troubles de mémoire n’affectent pas encore significativement la vie quotidienne, mais qui peut évoluer vers une démence à part entière dans 50 % des cas en trois ans.

«C’est une condition dans laquelle la personne commence à avoir des troubles cognitifs, notamment de mémoire, qui n’ont cependant pas encore d’impact significatif sur la vie quotidienne. Le point crucial est qu’environ 50 pour cent de ces personnes, au cours d’une période de trois ans, évoluent vers une démence à part entière. Il comprend bien que l’interception de ces premières phases est fondamentale.»

Gianluca Moscato, responsable du service de neurologie de Livourne

Quels sont les signes qui doivent alerter ? Il est crucial de distinguer les oublis occasionnels, liés au stress ou à la fatigue, des troubles persistants et progressifs. Un exemple concret évoqué par le docteur Moscato est celui d’une personne active qui ne parvient plus à retrouver son véhicule sur un parking familier. La persévérance des troubles et leur impact sur la vie quotidienne sont des signaux d’alerte.

Le diagnostic de démence repose initialement sur une évaluation clinique, basée sur l’observation du patient et la description des symptômes. Des examens complémentaires, tels que des tomodensitogrammes, des IRM et des analyses sanguines, permettent d’identifier la cause spécifique de la démence et de la distinguer entre les formes potentiellement réversibles ou stabilisées et les formes irréversibles, comme la maladie d’Alzheimer (qui représente environ 60 % des cas) et la démence vasculaire (environ 25 % des cas). Des tests neuropsychologiques plus approfondis peuvent également être réalisés.

À Livourne, le Centre des troubles cognitifs et des démences (Cdcd), dirigé par le docteur Barbara Nucciarone, assure un suivi complet des patients, incluant une prise en charge pharmacologique, un soutien à domicile, une stimulation cognitive, une aide sociale et un soutien psychologique aux aidants. De nouvelles perspectives thérapeutiques se dessinent avec l’arrivée prochaine du Lecanemab, un anticorps monoclonal approuvé aux États-Unis qui pourrait ralentir le déclin cognitif dans les premiers stades de la maladie d’Alzheimer, bien que son administration soit réservée aux hôôpitaux.

La prévention joue un rôle essentiel, estimée à 30 % dans la réduction des risques de démence. Contrôler la tension artérielle et le diabète, arrêter de fumer, pratiquer une activité physique régulière, limiter la consommation d’alcool et protéger sa tête contre les traumatismes sont autant de mesures préventives. L’entraînement mental, par la lecture, l’étude et les interactions sociales, contribue également à renforcer la réserve cognitive et à retarder l’apparition des symptômes.

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