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Anti-sémitisme à l’ère numérique

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Argentine : le rapport 2024 de la DAIA révèle une inquiétante hausse de l’antisémitisme, alimentée par le numérique

La Délégation des Associations Israélites Argentines (DAIA) tire la sonnette d’alarme : le rapport annuel 2024 sur l’antisémitisme en Argentine fait état d’une augmentation de 15 % des cas par rapport à l’année précédente. Les plateformes numériques, en particulier les réseaux sociaux, se révèlent être le principal vecteur de cette haine croissante, bien que les espaces physiques, notamment les établissements scolaires, ne soient pas épargnés.

« L’agressivité se développe aujourd’hui en particulier dans les sphères virtuelles. Le premier discours hostile et discriminatoire est numérique », constate le rapport. La DAIA souligne que même un commentaire de haine, apparemment anodin, peut rapidement basculer dans la sphère physique, engendrant une souffrance concrète chez ses victimes. Si l’hostilité antisémite n’est pas un phénomène nouveau, son échelle est sans précédent à l’ère où des milliards d’appareils et de plateformes numériques amplifient chaque acte, lui conférant une résonance inédite.

Cette amplification numérique touche de plus en plus de domaines de la vie quotidienne : le football, l’école, la politique. Discrimination, antisémitisme, cyberharcèlement, abus sexuels sur mineurs, harcèlement et autres formes de violence verbale, physique, visuelle et numérique sont désormais capturés par des téléphones portables et diffusés en quelques secondes, démultipliant leur impact.

Les statistiques révèlent que WhatsApp est l’application la plus utilisée pour le harcèlement entre mineurs, tandis que TikTok est la plateforme où circule la plus grande quantité de contenu violent, suivie de X (anciennement Twitter), Facebook et Snapchat. Plus de 65 % des personnes interrogées ont déclaré avoir été témoins ou victimes de formes de violence, de harcèlement ou de pratiques abusives dans des environnements numériques. L’étude du Centre pour les études des environnements numériques et de la société numérique de BTR Cominging, citée dans le rapport, indique qu’une jeune fille ou une jeune femme sur cinq a réduit ou abandonné l’utilisation d’un réseau social suite à des attaques liées à leur apparence, leur origine ethnique, leur religion ou leur orientation sexuelle.

L’antisémitisme, qualifié de « l’une des formes les plus anciennes et récurrentes d’hostilité et de discrimination dans notre histoire », perdure en Argentine depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours. La DAIA réaffirme, deux ans après les événements dramatiques de l’attaque du Hamas en Israël ayant causé la mort de 1 200 personnes, la nécessité impérieuse de soutenir la défense et la survie de l’État d’Israël et de la communauté juive mondiale.

Le rapport rappelle la Shoah comme un témoignage capital, conséquence d’un système pénal ayant persécuté et attaqué des millions d’individus en raison de leur appartenance ethnique, religieuse, politique ou de leur orientation sexuelle. Six millions de Juifs, ainsi que 17 millions d’autres victimes – Polonais, prisonniers de guerre, personnes handicapées, Roms, homosexuels, Témoins de Jéhovah, Afro-descendants, communistes, syndicalistes, capitalistes, socialistes, anarchistes et autres dissidents – ont péri dans ce génocide.

Face à ce constat, la DAIA pointe du doigt la désinformation, les fausses nouvelles et les discours de haine sur les réseaux sociaux comme des carburants de l’antisémitisme contemporain. L’ignorance, le manque d’éducation historique, ainsi que l’incapacité à appréhender la diversité et les droits humains contribuent à perpétuer ces fléaux. Il est donc crucial, selon l’organisation, de concentrer les efforts sur la modération des contenus fallacieux et biaisés distillant la haine, tout en renforçant l’éducation et la mémoire collective pour éviter toute répétition de l’histoire.

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