Publié le 2025-10-31 06:42:00. La ville sud-coréenne de Gyeongju est le théâtre, ce vendredi et samedi, d’un important sommet de coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Au cœur des enjeux : les échanges bilatéraux sous haute tension entre les grandes puissances mondiales, notamment les États-Unis, la Chine et le Japon, en présence du président sud-coréen Lee Jae-myung.
- Les dirigeants de l’APEC s’efforcent de finaliser une déclaration commune malgré des divergences sur le commerce et le multilatéralisme.
- Le président chinois Xi Jinping a proposé une vision pour une mondialisation économique plus inclusive et une communauté Asie-Pacifique renforcée.
- Les États-Unis réaffirment leur objectif d’une région plus connectée et résiliente, axée sur des flux commerciaux et d’investissement « justes et sûrs ».
La Corée du Sud accueille cette année le forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) dans la ville de Gyeongju, située dans le sud-est du pays. Au-delà du sommet des dirigeants qui se déroule ce vendredi et samedi, de nombreuses réunions bilatérales tendues sont à l’ordre du jour. Le président sud-coréen Lee Jae-myung, en fonction depuis juin, se retrouve sous les feux des projecteurs alors que ses homologues, dont le président américain Donald Trump, le président chinois Xi Jinping et le nouveau Premier ministre japonais Sanae Takaichi, convergent dans son pays.
Les dirigeants de l’APEC travaillent à finaliser une déclaration commune, baptisée Déclaration de Gyeongju, tandis que les divisions sur le commerce et le multilatéralisme continuent de mettre à l’épreuve l’unité de ce bloc de 21 nations. Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a indiqué que « les négociations progressent vers un consensus », mais a reconnu qu’il était difficile de dire si le terme « libre-échange » figurerait dans le document final. La Corée du Sud, qui préside l’APEC pour la première fois depuis vingt ans, joue un rôle de médiateur pour assurer que le sommet aboutisse à un accord. Des désaccords entre les États-Unis et d’autres économies membres sur le multilatéralisme commercial sont possibles, selon des analystes. « Le point de discorde réside probablement dans le fait que de nombreuses économies membres insistent sur le renforcement du système multilatéral et du cadre multilatéral », explique Lee Jae-min, professeur de droit international à l’Université nationale de Séoul. « Cependant, les États-Unis, ainsi que certains pays partageant une position similaire, pourraient avoir des réserves quant à aller trop loin. »
Le président chinois Xi Jinping a présenté une proposition en cinq points visant à promouvoir une mondialisation économique universellement bénéfique et inclusive, ainsi qu’à construire une communauté Asie-Pacifique renforcée. Lors de la première séance plénière, il a appelé à des efforts conjoints pour sauvegarder le système commercial multilatéral, bâtir un environnement économique régional ouvert, maintenir la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement, promouvoir la numérisation et l’écologisation du commerce, et encourager un développement inclusif. Parallèlement, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a souligné l’objectif des États-Unis de construire « une région plus connectée et plus résiliente » grâce à des « flux commerciaux et d’investissement justes et sûrs ». Il a précisé que l’administration Trump cherchait à « rééquilibrer ses relations commerciales » pour assurer des « conditions équitables et réciproques » pour chaque pays, prônant un « système mondial plus équilibré » fondé sur la transparence, l’accès au marché et une concurrence loyale. Les efforts américains visent également à « sécuriser et diversifier les chaînes d’approvisionnement mondiales », en collaborant avec les partenaires commerciaux pour rendre les réseaux de production « plus sûrs et plus fiables ». M. Bessent a conclu en affirmant que « la sécurité économique est la sécurité nationale », car « lorsque les chaînes d’approvisionnement sont solides, les marchés efficaces et la concurrence équitable, chaque économie en profite ».
La rencontre entre le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre japonais Sanae Takaichi, la première depuis l’entrée en fonction de cette dernière il y a dix jours, était particulièrement attendue. L’agence Reuters, citant les médias d’État chinois, a rapporté que M. Xi avait également rencontré le Premier ministre canadien Mark Carney en marge du sommet. Plus tôt dans la journée, M. Carney avait déclaré que le monde du commerce et de l’investissement libéralisé et fondé sur des règles était révolu, l’économie mondiale traversant des changements profonds depuis 1989. Il a ajouté que le Canada visait à doubler ses exportations hors des États-Unis au cours de la prochaine décennie. Par ailleurs, le porte-parole du président sud-coréen Lee Jae-myung a annoncé que son président rencontrerait le président chinois Xi Jinping samedi pour discuter « des moyens de subsistance du peuple et de la dénucléarisation ». La visite d’État officielle de M. Xi en Corée du Sud sera traitée avec le même cérémonial que celui réservé au président américain Donald Trump mercredi, reflétant l’équilibre diplomatique délicat que Séoul doit maintenir entre Washington, son principal allié, et Pékin, son plus grand partenaire commercial.
Dans le contexte de la guerre commerciale sino-américaine, une analyse de Nikkei Asia suggère que la Chine et les États-Unis ont échangé des coups de poing dans le cadre de cette guerre, se réservant pour se battre un autre jour. D’autres développements clés incluent un accord commercial convenu entre les États-Unis et la Corée du Sud lors du sommet de l’APEC et une coopération en matière de construction navale entre le Japon et les États-Unis face à l’essor des capacités chinoises. Le président américain Donald Trump avait également visité le Japon, où son séjour s’est déroulé d’une manière particulière.
Les conjoints des dirigeants ont quant à eux effectué une visite à Gyeongju.