Le rapport de l’indice des prix à la consommation (IPC) de ce mois-ci aux États-Unis, attendu le vendredi 24 octobre, ne devrait pas provoquer de remous majeurs sur les marchés. Les investisseurs restent en effet davantage préoccupés par les négociations commerciales entre Washington et Pékin, ainsi que par la paralysie persistante du gouvernement américain.
Les économistes tablent sur un IPC global et un IPC de base (hors alimentation et énergie) à 3,1 % en glissement annuel. Si ces prévisions se confirment, cela marquerait une légère accélération de l’inflation globale par rapport aux 2,9 % enregistrés le mois précédent, tandis que l’inflation de base resterait stable. Malgré ces chiffres, les marchés semblent peu enclins à réagir de manière spectaculaire, privilégiant l’attention portée aux développements du conflit commercial sino-américain et à la situation politique intérieure aux États-Unis.
La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait, selon toute vraisemblance, maintenir sa trajectoire de baisse des taux d’intérêt, une décision qui semble déjà largement intégrée par les acteurs du marché. Les tensions commerciales renouvelées et la persistance du « shutdown » gouvernemental renforcent l’idée que les membres du Comité fédéral de marché ouvert (FOMC) opteront unanimement pour une réduction de 25 points de base. Il est peu probable que des chiffres d’inflation mensuels isolés parviennent à infléchir significativement cette orientation.
L’inflation américaine, dans son ensemble, suit une tendance baissière depuis plus d’un an, oscillant entre 2,3 % et 3,0 % en glissement annuel. L’IPC de base, qui exclut les éléments volatils que sont les prix de l’alimentation et de l’énergie, a toutefois montré une tendance à la hausse ces derniers mois après avoir atteint un plus bas de 2,8 % en début d’année. Malgré cette inflation qui demeure supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la Fed, les préoccupations de la banque centrale concernant le marché de l’emploi semblent être plus pressantes.
Techniquement, bien que de nombreux acteurs du marché s’attendent à une continuation des baisses de taux par la Fed d’ici la fin de l’année, le dollar américain montre des signes de rebond. L’indice du dollar (DXY) a enregistré une série de trois plus bas plus élevés depuis son double creux potentiel proche de 96,40 à la mi-septembre. Tant que l’indice se maintiendra au-dessus de la zone des 96,00, correspondant à un ancien niveau de résistance devenu support ainsi qu’à la moyenne mobile à 100 jours, le biais haussier à court terme devrait prévaloir, avec des objectifs potentiels à 99,50 et 100,00.
Un rapport sur l’IPC supérieur aux attentes viendrait soutenir cette dynamique haussière du dollar. Inversement, un chiffre d’inflation plus faible pourrait toujours être considéré comme une opportunité d’achat pour le billet vert, à condition que le niveau clé de la moyenne mobile à 100 jours soit préservé.