Trump s’attaque aux élus démocrates de Chicago et de l’Illinois, appelant à leur emprisonnement
En pleine tension sur le déploiement de troupes fédérales dans les villes américaines, Donald Trump a vivement attaqué aujourd’hui le maire de Chicago, Brandon Johnson, et le gouverneur de l’Illinois, J.B. Pritzker, tous deux démocrates. L’ancien président a publiquement réclamé leur incarcération, les accusant de ne pas protéger les agents fédéraux de l’immigration (ICE) opérant dans la troisième métropole américaine.
« Le maire de Chicago devrait être en prison pour n’avoir pas protégé les agents de glace ! Même le gouverneur Pritzker ! » a déclaré Trump sur sa plateforme de médias sociaux, en référence directe aux agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Cette diatribe intervient alors que des centaines de soldats de la Garde nationale texane se sont massés dans une installation militaire aux abords de Chicago, malgré l’opposition farouche du gouverneur Pritzker et du maire Johnson.
Ces derniers ont fermement contesté le recours à une présence militaire accrue, arguant que les allégations d’anarchie et de violence avancées par l’administration Trump ne correspondent pas à la réalité. Le maire Johnson a d’ailleurs signé un décret instaurant une « zone franche ICE », interdisant aux agents fédéraux de l’immigration d’utiliser les propriétés municipales dans leurs opérations. « Ce n’est pas la première fois que Trump tente de faire arrêter injustement un homme noir. Je ne vais nulle part », a réagi Johnson sur les réseaux sociaux. J.B. Pritzker, également pressenti comme candidat démocrate potentiel à la présidentielle de 2028, a dénoncé une dérive autoritaire : « Trump appelle désormais à l’arrestation des élus qui contrôlent son pouvoir. Que reste-t-il d’autre sur la voie d’un autoritarisme à part entière ? »
L’appel à l’emprisonnement des élus démocrates s’inscrit dans une stratégie plus large de Donald Trump, qui a fait de l’invocation de poursuites judiciaires contre ses opposants une rhétorique récurrente depuis son entrée en politique en 2015. Cependant, l’ancien directeur du FBI, James Comey, apparaît comme le premier adversaire politique de premier plan à devoir effectivement faire face à des accusations criminelles, bien que largement critiquées pour leur fragilité. Comey a plaidé non coupable des accusations de parjure devant le Congrès.
L’administration Trump, sous la houlette du ministère de la Justice, a engagé des enquêtes visant plusieurs autres personnalités critiques, qui ont toutes nié toute malversation. L’objectif affiché par Trump est clair : « STOP AU CRIME EN AMÉRIQUE ! » Il a menacé de déployer des troupes dans d’autres villes américaines, qu’il qualifie de « camps d’entraînement » potentiels pour l’armée.
Pourtant, une majorité d’Américains sont opposés au déploiement de troupes sans menace extérieure, selon un sondage Reuters/Ipsos publié mercredi. Les crimes violents ont d’ailleurs connu une baisse dans de nombreuses villes américaines depuis le pic de la pandémie de COVID-19, et les troupes de la Garde nationale ont principalement été mobilisées pour la protection d’installations fédérales, et non pour le maintien de l’ordre dans les rues. Les manifestations récentes contre la politique d’immigration de Trump à Chicago et à Portland ont été décrites par les autorités locales comme largement pacifiques et de faible ampleur, contrastant avec les déclarations de certains responsables de l’administration Trump, à l’instar de Todd Blanche, deuxième responsable du ministère de la Justice, qui a qualifié la situation à Chicago de « littéralement du terrorisme intérieur ».
La bataille juridique autour de ce déploiement est déjà engagée. Le gouverneur Pritzker a accusé Trump de chercher à susciter la violence pour justifier une militarisation accrue, et son État a intenté une action en justice pour bloquer le déploiement. Un juge fédéral a autorisé le déploiement à Chicago pour le moment, tandis qu’un autre a bloqué une initiative similaire à Portland. Face à ces revers judiciaires, Donald Trump a brandi la menace d’invoquer la loi anti-insurrectionnelle, une mesure rarement utilisée, la dernière en date remontant aux émeutes de Los Angeles en 1992.