L’État de Virginie-Occidentale a lancé une action en justice contre Apple, l’accusant de permettre sciemment la diffusion de matériel pédopornographique via son service iCloud. Le procureur général de l’État estime qu’Apple a privilégié la protection de la vie privée au détriment de la sécurité des enfants, en maintenant une politique de non-intervention face à ce type de contenu.
Selon l’acte d’accusation, Apple était conscient du problème, ses propres équipes internes qualifiant iCloud de « plus grande plateforme de distribution de pédopornographie ». Pourtant, l’entreprise signale bien moins de ce type de contenu que d’autres géants du numérique comme Google ou Meta. « Protéger la vie privée des agresseurs d’enfants est absolument inexcusable. Plus important encore, cela viole la loi de Virginie-Occidentale », a déclaré le procureur général JB McCuskey. L’État exige qu’Apple respecte la loi, signale ces images et cesse de faciliter le stockage et le partage de ces contenus illégaux.
Ce procès intervient après qu’Apple a abandonné, en 2022, un projet de technologie de détection de contenu abusif sur les photos stockées dans iCloud. Initialement annoncé en 2021, ce système devait comparer les images avec une base de données de représentations connues d’abus sexuels sur des enfants (CSAM, pour Child Sexual Abuse Material). L’annonce avait suscité une vive controverse, des organisations de défense des droits civiques et des experts en sécurité exprimant des inquiétudes quant à la surveillance potentielle des données privées et au risque d’abus.
Apple avait justifié son revirement en invoquant des préoccupations de sécurité, arguant que l’analyse des données privées iCloud créerait de nouvelles vulnérabilités exploitables par des pirates informatiques. L’entreprise avait également souligné que le cryptage de bout en bout utilisé pour iCloud empêchait même Apple d’accéder au contenu des utilisateurs, rendant la détection de contenu illégal plus difficile.
La Virginie-Occidentale réclame des dommages-intérêts punitifs et une injonction obligeant Apple à mettre en œuvre des mesures efficaces de détection de contenu abusif. Le montant précis des dommages-intérêts n’a pas été divulgué. Ce n’est pas la première fois qu’Apple est confronté à de telles accusations. En 2024, une action collective représentant 2 680 victimes potentielles a été déposée, réclamant 1,2 milliard de dollars (environ 1,1 milliard d’euros) de dommages-intérêts pour l’abandon de la technologie de détection CSAM.
Ce nouveau procès met une pression accrue sur Apple pour qu’elle trouve un équilibre entre la protection de la vie privée des utilisateurs et la lutte contre la diffusion de contenu abusif. L’entreprise n’a pas encore fait de déclaration officielle concernant cette action en justice.