Publié le 31 octobre 2025. La compagnie pétrolière mexicaine Pemex affiche une lourde perte au troisième trimestre 2025, alourdissant une dette déjà considérable malgré les plans de soutien gouvernemental. Une production en baisse continue alimente les inquiétudes quant à l’avenir de l’entreprise.
- Pemex a enregistré une perte nette de 61,25 milliards de pesos (environ 3,6 milliards de dollars) au troisième trimestre 2025, contrastant avec un bénéfice l’année précédente.
- La production de pétrole brut et de condensats a chuté de 7 % en glissement annuel, atteignant 1,65 million de barils par jour.
- La dette totale de l’entreprise a grimpé à 100,3 milliards de dollars fin septembre, contre 98,8 milliards fin juin.
Les résultats financiers de Petróleos Mexicanos (Pemex) pour le troisième trimestre 2025 révèlent un net recul, avec une perte de 61,25 milliards de pesos, alors que l’entreprise avait dégagé un bénéfice proche de 60 milliards de pesos lors de la période précédente. Cette contre-performance intervient malgré le plan d’aide fédéral lancé par le gouvernement de Claudia Sheinbaum, censé stabiliser les finances de la compagnie publique. Les chiffres officiels font état d’une baisse de la production de pétrole brut et de condensats de 7 % sur un an, s’établissant à 1,65 million de barils par jour. La production de gaz naturel a également reculé de près de 1 %, atteignant 3,73 milliards de pieds cubes par jour, bien que le traitement du pétrole brut ait connu une légère amélioration.
Parallèlement, le fardeau de la dette de Pemex s’est alourdi. Fin septembre, l’endettement total s’élevait à 100,3 milliards de dollars, en hausse par rapport aux 98,8 milliards de dollars enregistrés entre avril et juin. Cette augmentation survient peu après l’annonce par le gouvernement d’un ambitieux plan de renflouement visant à assurer l’autosuffisance financière de Pemex d’ici 2027. Ce plan d’assistance comprend notamment 12 milliards de dollars via l’accord P-Cap, 13 milliards de dollars auprès des banques de développement nationales et 14 milliards de dollars d’émissions souveraines destinées au rachat de dette. Le gouvernement s’est également engagé à transférer 14 milliards de dollars supplémentaires en 2026 pour couvrir les obligations financières.
Ces mesures financières ont été globalement bien reçues par les marchés, entraînant une amélioration de la note de crédit de Pemex et une appréciation de ses obligations ces dernières semaines. L’instrument P-Cap, notamment, permet de lever des fonds sans que cela n’impacte directement la dette souveraine du pays. Cependant, des doutes subsistent quant à la capacité de ces mesures à résoudre les problèmes structurels profonds de l’entreprise. Des analystes soulignent que le plan d’affaires présenté par Mme Sheinbaum en août ne traite pas des enjeux cruciaux tels que le vieillissement des champs pétrolifères, la faible productivité ou la déliquescence des raffineries.
Pemex fait face à ce qui pourrait être son déficit budgétaire le plus important avec le gouvernement depuis 87 ans, estimé à 31 milliards de dollars, conséquence de la baisse des revenus et des coûts liés aux plans de sauvetage. Face à ce constat, le gouvernement explore de nouvelles pistes pour relancer la production. L’une d’elles consiste à rechercher des alliances stratégiques avec le secteur privé afin d’exploiter des gisements matures de pétrole et de gaz. Le Grupo Carso, dirigé par l’homme d’affaires Carlos Slim, fait partie des rares entreprises ayant manifesté un intérêt pour des projets communs, bien que les détails de ces négociations restent confidentiels. La production actuelle de Pemex représente moins de la moitié de son pic d’il y a vingt ans, soulignant l’ampleur du défi pour l’administration fédérale.
Une autre option sérieusement envisagée par le gouvernement est l’autorisation de la fracturation hydraulique. Cette technique d’extraction pourrait permettre de mettre en valeur d’importantes réserves de pétrole et de gaz de schiste présentes sur le territoire mexicain. Une telle décision marquerait un changement de cap pour Claudia Sheinbaum, qui s’était précédemment opposée à cette méthode lors de sa campagne présidentielle. Si cette mesure est adoptée, elle pourrait permettre au Mexique de réduire sa dépendance aux importations de gaz en provenance des États-Unis, qui ont atteint un pic historique de 7,5 milliards de pieds cubes par jour en mai.