Publié le 11 octobre 2025 17:45:00. Les cours du pétrole ont subi une forte baisse, atteignant des niveaux inédits depuis cinq mois, sous l’effet conjugué d’un accord de cessez-le-feu à Gaza, d’une offre excédentaire de l’OPEP+ et des tensions commerciales naissantes entre les États-Unis et la Chine.
- Les prix du baril de Brent et du West Texas Intermediate ont chuté de manière significative vendredi 10 octobre 2025, marquant leurs plus bas niveaux depuis le début mai 2025.
- Un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, ainsi que l’assouplissement des restrictions de production par l’OPEP+, ont contribué à une pression baissière sur les marchés.
- La menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane accrus sur les produits chinois a ravivé les craintes d’une guerre commerciale, pesant davantage sur les cours.
La semaine s’est terminée sur une note pessimiste pour les marchés pétroliers. Vendredi 10 octobre 2025, le baril de Brent de référence pour livraison en décembre a clôturé à 62,73 dollars, en baisse de 3,82 %, tandis que le West Texas Intermediate américain (WTI) pour livraison en novembre a reculé de 4,24 % à 58,9 dollars. Ces baisses portent les pertes hebdomadaires respectives à 2,8 % pour le Brent et 3,2 % pour le WTI.
Ces évolutions interviennent alors qu’un accord de cessez-le-feu a été conclu le jeudi 9 octobre 2025 entre Israël et le Hamas, mettant fin à des hostilités qui duraient depuis deux ans et deux jours. Cet accord, ratifié par le gouvernement israélien le vendredi 10 octobre, prévoit un cessez-le-feu, un retrait partiel des forces israéliennes de Gaza et la libération des otages détenus par le Hamas en échange de centaines de prisonniers palestiniens. Cette désescalade dans la région pourrait libérer des flux pétroliers du Moyen-Orient et accroître l’offre mondiale, alors même que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) ont décidé d’assouplir leurs contraintes de production.
Parallèlement, les relations entre les États-Unis et la Chine sont sous tension. Des menaces mutuelles concernant d’éventuels droits de douane ont électrisé les marchés financiers. La décision de la Chine, annoncée le jeudi 9 octobre, d’élargir son contrôle sur les exportations de métaux rares, des composants essentiels à de nombreuses industries technologiques, a particulièrement irrité le président américain Donald Trump. Ce dernier a menacé de ne pas tenir la rencontre prévue avec son homologue chinois Xi Jinping et d’imposer des tarifs douaniers massifs sur les importations chinoises. Ces frictions commerciales, débutées la semaine précédente, ajoutent une couche d’incertitude aux perspectives économiques mondiales et, par extension, à la demande de pétrole.
Les analystes soulignent une conjonction de facteurs baissiers. L’analyste de ANZ, Daniel Hynes, a ainsi expliqué que l’arrêt de la guerre à Gaza signifiait que l’offre excédentaire attendue du Moyen-Orient, couplée à la production croissante de l’OPEP+, continuerait d’affluer sur les marchés. Les analystes de BMI ont également noté que les anticipations d’une augmentation significative des approvisionnements n’ont pas été pleinement reflétées dans les prix. En outre, une partie des investisseurs s’inquiète d’un possible ralentissement de l’économie américaine en cas de prolongement de la paralysie gouvernementale, ce qui pourrait affecter la demande de pétrole du premier consommateur mondial.
La guerre à Gaza avait déjà entraîné des perturbations sur les routes maritimes, notamment avec les attaques des forces houthies en mer Rouge contre les navires en provenance de pays soutenant Israël.