Publié le 14 février 2026 à 08h15. Face à la montée en puissance de BYD, Ford opère une transformation radicale de sa stratégie électrique, misant sur la simplification, la réduction des coûts et des alliances stratégiques pour rester compétitif sur le marché mondial.
- En 2025, BYD a dépassé Ford en volume de ventes mondiales, devenant le sixième constructeur automobile au monde.
- Ford adopte une nouvelle plateforme électrique universelle, conçue pour réduire le nombre de pièces et les coûts de production.
- L’entreprise américaine renforce ses partenariats, notamment avec Renault, et étudie la possibilité de s’approvisionner en batteries auprès de BYD et Geely.
Le secteur automobile mondial a connu un bouleversement majeur en 2025. Pour la première fois de son histoire, le constructeur chinois BYD a dépassé Ford en termes de ventes mondiales, s’imposant comme un acteur incontournable du marché. Face à cette nouvelle donne, Jim Farley, PDG de Ford, a choisi de ne pas reculer, mais de lancer une transformation profonde inspirée du modèle chinois : rendre la voiture électrique accessible au plus grand nombre grâce à la simplicité et à un contrôle rigoureux des coûts.
Ford abandonne ainsi l’idée de se concentrer sur des SUV électriques haut de gamme et des pick-up équipés de batteries surdimensionnées. L’entreprise privilégie désormais une approche pragmatique, visant à égaler les coûts de fabrication de BYD, une stratégie baptisée « la recherche de la physique » plutôt que de la force brute. Farley a affirmé que son entreprise « ne renonce pas aux véhicules électriques ».
La clé de cette renaissance réside dans la nouvelle plateforme électrique universelle. Fruit du travail d’une équipe d’ingénieurs de pointe dans un projet ultra-secret, cette architecture a été pensée selon un principe simple : éliminer tout ce qui est superflu. Selon Farley, cette plateforme permet de réduire de 20 % le nombre de pièces par rapport à un véhicule conventionnel. Ford s’inspire également du système de production de Tesla pour optimiser son efficacité.
L’optimisation ne se limite pas aux composants. La plateforme intègre des améliorations d’efficacité dignes du savoir-faire de BYD :
- Une réduction de 25 % du nombre de fixations (vis et clips) dans l’ensemble du véhicule.
- Une diminution de 40 % du nombre de postes de travail sur la chaîne de montage.
- Un processus d’assemblage 15 % plus rapide que les standards actuels.
- Un câblage et des connecteurs considérablement réduits pour simplifier l’électronique.
Le premier véhicule à bénéficier de cette nouvelle approche ne sera pas une citadine, mais un pick-up de taille moyenne, dont la commercialisation est prévue en 2027. Ford vise un prix de départ d’environ 30 000 $ (soit environ 27 900 euros au taux de change actuel), afin de proposer un véhicule performant et spacieux, plus abordable que de nombreuses voitures à moteur thermique.
Cette stratégie est une réponse directe à la progression des marques chinoises sur des marchés clés, comme le Mexique, où BYD détient déjà 70 % des parts de marché dans le secteur de l’électrique avec des modèles dont les prix varient entre 18 000 et 53 000 dollars. Ford souhaite prouver qu’il est capable de fabriquer aux États-Unis à des coûts compétitifs, en s’appuyant sur son expertise dans les véhicules utilitaires, tout en adoptant l’agilité et l’innovation d’une startup technologique.
Pour accélérer sa transition, Ford s’appuie également sur des partenaires externes, notamment en Europe, où la marque a renforcé sa collaboration avec Renault pour lancer plus rapidement des véhicules électriques abordables, en partageant les coûts de développement et les plateformes pour réduire les prix de vente.
Des rumeurs évoquent également des négociations avec BYD pour la fourniture de cellules de batterie pour ses futurs modèles hybrides, ainsi qu’avec Geely pour un partenariat plus large. Cette possible alliance témoigne de la volonté de Ford de s’associer à ses concurrents dans la chaîne d’approvisionnement si cela lui permet d’atteindre les marges bénéficiaires nécessaires pour que sa division électrique, qui a subi des pertes de 19,5 milliards de dollars lors de sa récente restructuration, devienne rentable d’ici 2029.