Une Canadienne de 56 ans a vécu une expérience surprenante après une opération de l’œil : à son réveil, elle s’exprimait avec un accent russe. Ce phénomène rare, appelé syndrome de l’accent étranger, la pousse à entamer une longue thérapie orthophonique pour retrouver sa voix.
Tara Livingston, originaire du Canada, avait déjà été confrontée à des troubles du langage suite à un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu trois mois avant son intervention chirurgicale en février 2024. Cet AVC avait entraîné une aphasie (perte de la capacité de parler) et une apraxie de la parole (difficulté à articuler les sons). Grâce à une prise en charge orthophonique, elle avait progressivement retrouvé ses capacités de communication.
C’est pourquoi la surprise fut immense lorsqu’elle entendit sa voix après l’opération de l’œil. « J’ai essayé de parler aux infirmières. Ma voix est sortie avec un accent russe et j’étais surprise de ne pas pouvoir m’en défaire. J’étais complètement perdue », a-t-elle confié au Mirror.
Les médecins ont rapidement diagnostiqué un syndrome de l’accent étranger, une affection neurologique extrêmement rare. Moins de 200 cas ont été recensés dans la littérature médicale. Ce syndrome se manifeste par une modification de la production des sons, donnant l’impression à l’auditeur que le patient parle avec un accent étranger alors qu’il utilise sa langue maternelle. Il survient le plus souvent après un AVC, un traumatisme crânien, une tumeur cérébrale ou une infection neurologique.
Si cette situation peut prêter à sourire, elle est vécue difficilement par Tara Livingston. « J’ai l’impression d’avoir perdu mon identité et je veux retrouver mon accent », a-t-elle déclaré au journal britannique. Elle a donc commencé une thérapie orthophonique qui devrait durer au moins deux ans, dans l’espoir de retrouver son phrasé canadien.
« Si je ne retrouve pas mon accent d’avant, je serai tellement déçue, car mon ancienne personnalité me manque. Je veux juste redevenir moi-même. Et, si je devais choisir l’accent que j’aurais, je choisirais l’irlandais », a-t-elle avoué.