L’argent connaît un regain d’intérêt sur les marchés, porté par un dollar américain en recul et des incertitudes géopolitiques croissantes. Les investisseurs se positionnent, anticipant l’impact potentiel de négociations diplomatiques clés et de données économiques américaines à venir.
Après avoir atteint un plus bas autour de 67 dollars l’once (USD) la semaine dernière, le prix de l’argent a rebondi. L’affaiblissement du dollar, en partie lié aux spéculations sur un ralentissement des achats d’obligations américaines par les banques chinoises, a rendu les métaux précieux plus attractifs. L’or a également profité de ce contexte, franchissant à nouveau le seuil des 5 000 dollars l’once.
Les prochaines publications de données économiques américaines, notamment celles concernant l’inflation et l’emploi, devraient influencer les mouvements de prix à court terme. Au-delà de ces chiffres, l’attention des investisseurs se porte sur la politique internationale, et plus particulièrement sur une possible visite de Donald Trump en Chine début avril.
Cette visite, dont les détails restent non officiels, devrait aborder des sujets sensibles tels que Taïwan, l’Ukraine et l’Iran. Les tensions dans ces régions se sont intensifiées en début d’année, augmentant le risque d’une escalade militaire. L’issue de ces négociations déterminera en grande partie l’appétit pour le risque sur les marchés. Un apaisement des tensions pourrait encourager les investissements, tandis qu’un ton conflictuel pourrait favoriser un retour vers les valeurs refuges comme l’or et l’argent.
Sur le plan technique, l’argent se rapproche d’une zone de résistance importante autour de 90 dollars l’once. Ce niveau avait précédemment agi comme un frein à la hausse et a marqué le début de la récente phase de vente. Si le prix atteint cette zone, une nouvelle pression à la vente pourrait se manifester. Un franchissement clair de la fourchette de 90 à 91 dollars l’once pourrait ouvrir la voie à une progression vers les 100 dollars l’once.
À l’inverse, le niveau de 80 dollars l’once est considéré comme un support à court terme. Si l’argent parvient à se maintenir au-dessus de ce seuil et à rebondir, cela pourrait signaler un affaiblissement de la pression vendeuse et un retour à une fourchette de prix plus stable. Une rupture décisive en dessous de 80 dollars l’once, en revanche, pourrait compromettre la reprise actuelle.
Les acheteurs, après un rebond notable fin janvier et début février, n’ont pas réussi à maintenir leur élan. Depuis lors, les vendeurs ont repris le contrôle, effaçant plus de la moitié des gains initiaux. Le scénario technique privilégié penche actuellement vers une poursuite de la tendance baissière, avec un risque de nouveaux plus bas si la pression vendeuse persiste. Ce scénario ne serait remis en question que si le prix franchissait une ligne de tendance baissière et dépassait la résistance locale autour de 98 dollars l’once.