Crise dans le ciel américain : la FAA réduit de 10 % le trafic aérien face à la pénurie de contrôleurs. Une mesure d’urgence entre en vigueur ce vendredi 7 novembre pour pallier le manque de personnel dans les tours de contrôle, où les employés sont contraints de travailler sans être payés en raison du blocage administratif en cours.
L’espace aérien américain s’apprête à connaître un ralentissement significatif. La Federal Aviation Administration (FAA) a annoncé une réduction de 10 % des vols quotidiens dans les quarante principaux aéroports du pays. Cette mesure drastique, effective dès le vendredi 7 novembre, vise à garantir la sécurité des vols suite à un mois d’avril particulièrement éprouvant. Plus d’un mois de blocage administratif a conduit à une pénurie alarmante de contrôleurs aériens, poussés à exercer leurs fonctions sans rémunération.
Si le bras de fer entre l’administration et les employés perdure, des perturbations majeures sont à craindre dès ce week-end, à l’aube des vacances d’hiver. On estime que près de 1 800 vols au départ, et par conséquent autant à l’arrivée, seraient annulés chaque jour, affectant directement plus de 250 000 passagers quotidiennement.
Un mois de tension dans les tours de contrôle
Depuis la mi-octobre, de nombreux aéroports américains ont déjà été contraints de réduire leur activité en raison d’un manque criant de contrôleurs aériens. Les taux d’absentéisme pour maladie ont atteint des sommets inquiétants, culminant à 80 % vendredi dernier dans les centres radar gérant le trafic dense de la région de New York, l’une des plus fréquentées au monde.
Les aéroports concernés et l’incertitude planant
Bryan Bedford, le directeur de la FAA, a justifié cette décision par la nécessité de diminuer la « pression » qui pèse sur le ciel américain. Cependant, les modalités précises de cette réduction de 10 % des vols restent floues. L’autorité n’a pas encore clarifié si la mesure concernerait uniquement les vols intérieurs ou également les liaisons internationales, ni l’impact potentiel sur les compagnies aériennes étrangères. United Airlines a pour sa part indiqué que la réduction concernerait ses vols nationaux, mais d’autres transporteurs n’ont pas encore communiqué sur le sujet.
Un programme de réduction progressif ?
Les quarante aéroports les plus importants du pays sont visés par cette mesure. Parmi eux figurent des plateformes majeures telles que New York, Boston, Chicago, Washington, Miami, Atlanta, Dallas, Denver, Philadelphie, San Francisco, Seattle, Los Angeles et Las Vegas, qui accueillent chaque année des millions de voyageurs.
Selon des informations non officielles, la réduction pourrait débuter par une baisse de 4 % vendredi, passer à 5 % samedi, pour atteindre les 10 % à partir de la semaine prochaine. Toutefois, en l’absence de publication officielle de la décision de la FAA, ces chiffres restent pour l’heure hypothétiques.
« Contraints d’intervenir »
« Les premiers signes nous indiquent qu’il faut intervenir dès aujourd’hui pour éviter une aggravation de la situation », a déclaré M. Bedford. « Et si la pression ne diminue pas et continue d’augmenter même après cette mesure, nous en prendrons d’autres », a-t-il ajouté. Depuis le 1er octobre, date du début de la fermeture administrative, les agents essentiels tels que les contrôleurs aériens sont forcés de continuer leur travail sans salaire.
Les chiffres qui inquiètent
Selon Cirium, société spécialisée dans l’analyse du transport aérien, une réduction de 10 % des vols à Chicago pourrait se traduire par 121 départs supprimés par jour, impactant environ 14 000 passagers. À Atlanta, ce sont 104 vols supplémentaires qui seraient annulés quotidiennement, affectant 15 000 à 16 000 personnes. Le mercredi 5 novembre, Cirium avait déjà constaté une dégradation significative de la ponctualité des vols aux États-Unis.