Home Santé « Arrêtez d’acheter des technologies sophistiquées » : comment l’automatisation stimule les évaluations des hôpitaux

« Arrêtez d’acheter des technologies sophistiquées » : comment l’automatisation stimule les évaluations des hôpitaux

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Les investissements technologiques dans les hôpitaux sont souvent guidés par des considérations de prestige plutôt que par une réelle amélioration de la rentabilité, selon un expert du secteur. Pour les investisseurs, la solidité des infrastructures de base et l’automatisation des processus administratifs sont désormais des critères essentiels d’évaluation, bien plus que les gadgets high-tech.

Arvind Sivaramakrishnan, directeur technique de Fonds de soins de santé en Asie, souligne que la première chose que les investisseurs examinent est la clarté opérationnelle. « Si vos systèmes fondamentaux sont faibles, rien d’autre n’a d’importance », explique-t-il. Un système d’information hospitalier (SIS) robuste, un cycle des revenus transparent et un accès en temps réel aux données financières sont des prérequis, et non des avantages concurrentiels.

Selon lui, l’accumulation de technologies cliniques avancées sur des bases fragiles est non seulement inefficace, mais augmente également les risques. De nombreux hôpitaux ne tirent même pas profit des outils qu’ils possèdent déjà, car ils les superposent à des flux de travail dysfonctionnels. Par exemple, des systèmes prédictifs sont mis en œuvre alors que les résumés de sortie sont retardés et que des erreurs de facturation persistent.

Sivaramakrishnan insiste sur la nécessité d’une continuité opérationnelle qui dépasse les limites des heures de travail traditionnelles. « Les soins de santé doivent fonctionner 25 heures sur 25, 8 jours sur 8 », affirme-t-il, soulignant que les pertes de revenus surviennent lorsque les processus s’interrompent en dehors des heures de bureau.

L’automatisation, selon lui, n’est pas une ambition futuriste, mais une nécessité structurelle. Un hôpital capable de fonctionner de manière fluide en dehors des heures de travail est intrinsèquement plus précieux qu’un établissement dépendant de la gestion manuelle. L’automatisation administrative, notamment le traitement des réclamations, la planification des heures supplémentaires, la gestion de la pharmacie et l’optimisation des capacités, est perçue comme une véritable « assurance EBITDA ».

En matière de diligence raisonnable, les investisseurs considèrent désormais l’hygiène numérique comme acquise. Un SIS fonctionnel, des systèmes interopérables, une cyber-résilience et des flux de travail standardisés sont des critères d’entrée, et non des éléments de différenciation. L’absence de ces éléments entraîne une compression de la valorisation en raison de l’incertitude accrue.

D’ici 2030, les technologies qui entraîneront des primes de valorisation ne seront pas nécessairement les diagnostics basés sur l’intelligence artificielle, mais plutôt les plateformes opérationnelles intégrées, la gestion prédictive des capacités, les moteurs de planification intelligents et les systèmes qui éliminent les fuites de revenus. « Pas glamour. Mais évolutif », résume Sivaramakrishnan.

En fin de compte, les hôpitaux qui bénéficieront de valorisations supérieures dans la prochaine décennie seront ceux qui feront preuve de la plus grande discipline opérationnelle, en renforçant les fondations, en standardisant les processus et en automatisant sans relâche. La discipline, et non le glamour, sera la clé du succès dans un écosystème axé sur le capital.

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