Publié le 2025-07-03 00:00:00. Une étude de phase 3, l’essai Asset-IT, publiée dans le New England Journal of Medicine, révèle que l’administration précoce de tirofiban améliore significativement les chances de récupération fonctionnelle chez les patients victimes d’AVC ischémiques non cardio-emboliques.
- L’administration intraveineuse de tirofiban dans les 60 minutes suivant la thrombolyse a conduit à de meilleurs résultats fonctionnels 90 jours après l’accident vasculaire cérébral (AVC).
- Aucune différence notable n’a été constatée en termes de mortalité, mais une légère augmentation des hémorragies intracrâniennes symptomatiques a été observée dans le groupe traité.
- Les résultats concernent spécifiquement les AVC d’origine non cardio-embolique qui n’étaient pas éligibles à la thrombectomie.
L’étude randomisée, portant sur 832 patients de 38 centres en Chine, a évalué l’efficacité d’une perfusion intraveineuse (IV) de tirofiban de 24 heures par rapport à un placebo. La majorité des participants (75%) avaient reçu de l’alteplase, tandis que 25% avaient bénéficié de la técectplase comme traitement de thrombolyse. Les AVC étaient principalement attribuables à l’athérosclérose des grands vaisseaux (58%) ou à l’occlusion des petits vaisseaux (35%). Un antécédent d’AVC était présent chez 28% des patients. Tous les participants présentaient un score compris entre 4 et 25 sur l’échelle des AVC des National Institutes of Health (score moyen de 6) et n’étaient pas candidats à la thrombectomie endovasculaire.
Les conclusions de l’essai Asset-IT indiquent que 66% des patients traités par tirofiban ont atteint un excellent rétablissement fonctionnel (score de 0 à 1 sur l’échelle de Rankin modifiée) à 90 jours, contre 55% chez ceux ayant reçu un placebo. Ce bénéfice significatif a été confirmé par un rapport de risque (RR) de 1,20 (p=0,001).
Sur le plan de la sécurité, les données révèlent une mortalité à 90 jours d’environ 4% dans les deux groupes, sans différence statistiquement significative (RR, 1,07). Cependant, sept patients traités par tirofiban ont présenté une hémorragie intracrânienne symptomatique dans les 36 heures suivant le traitement, contre aucun cas dans le groupe placebo. Les auteurs de l’étude suggèrent que cette faible incidence pourrait s’expliquer par la sélection de patients présentant des déficits légers et une moindre atteinte tissulaire, réduisant ainsi le risque de transformation hémorragique. Des saignements systémiques ont été rapportés chez 11 patients sous tirofiban et chez six patients sous placebo.
Les chercheurs, menés par Chunrong Tao, précisent que ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Ils soulignent que les analyses secondaires n’ont pas été ajustées pour les comparaisons multiples et que les conclusions s’appliquent uniquement aux AVC non cardio-emboliques qui n’étaient pas éligibles à la thrombectomie.