Publié le 2025-10-09 12:01:00. Un nouvel indicateur de santé, appelé indice TyG, combiné à des mesures de l’obésité, pourrait permettre de mieux prédire le risque d’accident vasculaire cérébral. C’est la conclusion d’une méta-analyse récente qui met en lumière l’importance de la résistance à l’insuline dans le développement de cette pathologie grave.
- Un indice basé sur les triglycérides et la glycémie (TyG) est associé à un risque accru d’AVC, particulièrement lorsqu’il est combiné à des marqueurs d’obésité (IMC, tour de taille, tour de hanche).
- La résistance à l’insuline, sous-jacente à l’indice TyG, pourrait jouer un rôle clé dans les mécanismes menant aux AVC, via l’inflammation, les lésions vasculaires et l’athérosclérose.
- Les limites de l’étude soulignent la nécessité de recherches supplémentaires pour affiner la pertinence de ces indicateurs dans diverses populations et en fonction des traitements.
Une synthèse de 21 études scientifiques révèle que les individus présentant des niveaux élevés de l’indice TyG, ainsi que de ses déclinaisons combinées à l’indice de masse corporelle (TyG-IMC), au tour de taille (TyG-TC) et au ratio tour de taille/hanches (TyG-TWHtR), sont plus susceptibles de souffrir d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Cette association ne semble pas être significativement influencée par le sexe, la région géographique, la taille de l’échantillon ou la durée du suivi des participants, d’après une analyse approfondie.
Ces résultats confirment et étendent des travaux antérieurs qui avaient déjà établi un lien entre l’indice TyG et le risque d’AVC. La particularité de cette nouvelle méta-analyse réside dans son exhaustivité, étant la première à examiner spécifiquement l’association entre les indices TyG-IMC, TyG-TC et TyG-TWHtR et la survenue d’AVC. L’inclusion d’études plus récentes et la focalisation sur des études de cohorte, qui permettent de calculer des rapports de risque (HR) plus robustes, renforcent la fiabilité des conclusions.
L’indice TyG, calculé par la multiplication des triglycérides et de la glycémie, est reconnu comme un marqueur sensible de la résistance à l’insuline. Ce dérèglement métabolique est suspecté de jouer un rôle prépondérant dans la physiopathologie des AVC. En effet, la résistance à l’insuline peut déclencher une cascade d’événements délétères : activation de voies inflammatoires, altération de la fonction des cellules endothéliales, déséquilibre oxydatif menant à une production accrue de radicaux libres, et enfin, le développement de plaques d’athérosclérose par accumulation de lipides dans les parois vasculaires. Ces processus fragilisent les vaisseaux et augmentent le risque de formation de caillots, potentiellement à l’origine d’un AVC.
L’ajout d’indicateurs d’obésité à l’indice TyG (TyG-IMC, TyG-TC, TyG-TWHtR) a permis de révéler une association encore plus forte avec le risque d’AVC. Ces indices combinés, qui capturent davantage d’informations cliniques sur la répartition des graisses corporelles, notamment viscérales, semblent plus performants pour prédire le risque cardiovasculaire, y compris la mortalité. L’obésité, particulièrement viscérale, est elle-même associée à une inflammation chronique et à des dysfonctionnements vasculaires qui, couplés à la résistance à l’insuline, créent un terrain propice aux événements cérébrovasculaires.
L’étude a également exploré d’éventuelles différences liées au sexe. Bien que l’analyse globale n’ait pas montré d’impact significatif du sexe, des subtilités ont été observées. Des paramètres TyG et TyG-IMC plus élevés semblaient plus prédictifs du risque d’AVC chez les hommes, tandis que les indices TyG-TC et TyG-TWHtR l’étaient moins. Les raisons exactes de ces variations restent à élucider, soulignant un besoin de recherches plus poussées pour comprendre les mécanismes spécifiques et adapter la pratique clinique.
Les chercheurs insistent sur les limites de leur travail. La forte prédominance des études asiatiques (18 sur 21) soulève des questions quant à la généralisabilité des résultats à d’autres populations, en raison des différences génétiques, nutritionnelles et d’accès aux soins. De plus, l’hétérogénéité entre les études concernant les caractéristiques des participants, les méthodes de mesure et les définitions des AVC a pu introduire une variabilité. L’influence potentielle de facteurs de confusion non ajustés, tels que les comorbidités, la prise de médicaments (statines, antihypertenseurs, antidiabétiques) ou le régime alimentaire, constitue également un point de vigilance. L’étude suggère notamment que l’indice TyG pourrait être un biomarqueur utile pour identifier les patients susceptibles de bénéficier de traitements comme la metformine, afin d’améliorer leur contrôle métabolique et de réduire le risque d’AVC.
Enfin, la détermination de valeurs seuils optimales pour l’indice TyG et ses variantes reste un défi. Des études antérieures ont proposé des seuils variés selon les populations et les objectifs (risque de maladie cardiovasculaire, mortalité). Il est donc essentiel que de futures recherches abordent l’impact des facteurs comme l’ethnie, la région, la prise de médicaments et l’inflammation, afin d’affiner l’utilité prédictive de ces indices et de développer des stratégies de prévention personnalisées.