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Attention by Anne Enright review – sparkling reflections on life and literature | Books

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Anne Enright, romancière reconnue, révèle une autre facette de son talent avec Attention, un recueil d’essais personnels et percutants qui explorent la vie, l’art et le monde. L’ouvrage, rassemblant 24 textes choisis parmi ses meilleures productions non fictionnelles des dix dernières années, offre un regard intimiste sur des sujets variés, allant du trafic de cocaïne au Honduras à la mise en scène d’une pièce de Samuel Beckett dans un champ celtique.

Ces écrits, souvent publiés dans des revues littéraires prestigieuses telles que le New York Review of Books (NYRB) et le London Review of Books (LRB), ainsi que dans The Guardian, se distinguent par la singularité de la plume d’Enright. Son approche, résolument personnelle, captive le lecteur même lorsqu’elle aborde des thèmes a priori éloignés de ses préoccupations habituelles. L’auteure parvient à transformer des anecdotes du quotidien, comme le choix d’un restaurant par son époux lors de vacances, en méditations profondes sur la condition humaine et les liens qui nous unissent.

La force de Attention réside dans la capacité d’Enright à ciseler chaque phrase, invitant le lecteur à une double lecture : une première fois pour la musicalité et la forme, une seconde pour la richesse du sens. Cette méthode, qu’elle applique elle-même à ses analyses d’œuvres littéraires, notamment celles consacrées à James Joyce, insiste sur la nécessité d’une exploration renouvelée pour appréhender pleinement la complexité d’un texte. Elle suggère même, avec humour, que des pauses ponctuelles dans le flux de conscience de Molly Bloom, dans Ulysse, auraient pu en faciliter la compréhension.

Fière de son héritage littéraire irlandais, qu’elle qualifie de « terre qui compte plus d’écrivains décents par acre que toute autre sur la planète », Enright rend hommage à des figures comme Edna O’Brien et Maeve Brennan. Elle s’aventure également vers d’autres horizons littéraires, tels qu’Angela Carter et Alice Munro. Concernant cette dernière, l’auteure refuse de renier son admiration malgré les révélations concernant l’attitude de Munro face aux accusations d’abus sexuels subis par sa fille. Enright affirme : « J’ai lu Munro toute ma vie, et en la relisant à la lumière de ces révélations, je constate que je ne peux pas renoncer à mon grand amour pour elle ; il a été donné trop librement. »

L’honnêteté d’Anne Enright est une autre constante de ce recueil. Elle ne se ménage pas, admettant ses propres contradictions, comme son ambivalence vis-à-vis des travailleurs humanitaires, qu’elle admire autant qu’elle peut les envier. Elle confesse également une certaine lassitude face à la lecture de nouveaux romans, attribuant cette difficulté non pas à la distraction du monde moderne, mais à une possible perte de capacité empathique ou, plus crûment, à une forme de « méchanceté » acquise.

Cependant, si elle fait preuve d’indulgence face aux imperfections morales, Enright se montre inflexible lorsqu’il s’agit de la rigueur littéraire. Elle tance fermement le précepte « écrivez ce que vous connaissez », ajoutant : « cela n’inclut pas ‘tant que c’est ennuyeux’ ». Loin d’être ennuyeuse, sa prose, même lorsqu’elle traite de choix de dîner en vacances, brille par sa vivacité. Elle remercie d’ailleurs ses éditeurs originels pour avoir défendu « les valeurs d’exactitude, de clarté, de perspicacité et de légèreté ». Tel est le pacte proposé au lecteur : une écriture aiguisée, pleine d’esprit, celle d’un ange déchu qui demande, en retour, toute notre attention.

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