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Au-delà de la crise logistique à Belém : pourquoi l’organisation de la COP30 en Amazonie est toujours importante

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Publié le 2025-10-13 16:08:00. Alors que la prochaine conférence des Nations Unies sur le climat (COP) se profile, une crise logistique met en péril la participation de nombreux pays. Des tensions émergent également quant à l’accessibilité du sommet et aux choix stratégiques du Brésil, pays hôte.

  • Une enquête de la CCNUCC révèle que 87% des pays habituels n’ont pas réservé d’hébergement, invoquant des tarifs prohibitifs.
  • Le Brésil, confronté à des pressions pour déplacer le sommet, maintient Belém comme lieu d’accueil, un choix symbolique et politique.
  • Des critiques soulignent le risque d’une « hypocrisie » dans le discours environnemental brésilien, malgré la décision d’accueillir la COP en Amazonie.

À l’approche de la COP, un nuage d’incertitude plane quant à sa tenue dans des conditions optimales. Une enquête menée en août par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a mis en lumière une difficulté majeure : 87% des quelque 200 pays régulièrement représentés n’avaient pas encore assuré leur hébergement. La raison invoquée ? Des tarifs jugés inabordables. Face à cette situation, le gouvernement brésilien a affirmé que 61 pays disposaient de solutions de logement, une statistique qui ne semble pas apaiser les inquiétudes.

La situation a même conduit le bureau climatique de l’ONU à organiser une réunion d’urgence un mois plus tôt pour tenter de trouver des solutions à cette crise logistique. Parallèlement, des pressions se sont exercées sur le Brésil, y compris jusqu’au mois dernier, pour envisager un déplacement du sommet vers des métropoles comme Rio de Janeiro ou São Paulo, bénéficiant d’infrastructures touristiques plus développées et d’une plus grande capacité d’accueil pour des événements de grande envergure. Ces propositions ont toutefois été rejetées par le Brésil.

« Lors d’un sommet de cette envergure, l’accès devrait être la priorité, en particulier pour les pays les plus touchés et les moins entendus dans les négociations sur le climat. »

Thawaney

Thawaney précise que, depuis cette enquête, le nombre de pays ayant confirmé leur participation est passé à 79, tandis que 70 autres sont encore en phase de négociation. L’enjeu de l’accessibilité est crucial, notamment pour les nations les plus vulnérables aux impacts du changement climatique, dont la voix peine souvent à être entendue dans les discussions internationales.

Le choix du Brésil comme hôte de cette COP remonte à la COP27 à Charm el-Cheikh, en Égypte, en 2022. Un expert politique, s’exprimant sous couvert d’anonymat, rappelle le contexte de l’époque : la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva face à Jair Bolsonaro lors d’élections tendues. À ce moment-là, les divisions internes du Brésil sur sa politique environnementale étaient palpables. La preuve en était la présence de trois pavillons distincts à la COP27, représentant le gouvernement sortant de Bolsonaro, les gouverneurs des États amazoniens et la société civile.

Le président nouvellement élu, Lula, avait assisté à cette conférence à titre officieux, martelant un message clair : « Le Brésil est de retour ». Il avait alors dénoncé l’augmentation de la déforestation en Amazonie sous le gouvernement précédent.

« Au cours des trois premières années du gouvernement actuel (Bolsanaro), la déforestation en Amazonie a augmenté de 73 pour cent… Les crimes environnementaux, qui ont augmenté de manière effrayante sous ce gouvernement qui touche à sa fin, seront désormais combattus sans relâche. »

Lula, depuis le pavillon représentant les États amazoniens

La lutte contre la déforestation en Amazonie s’inscrit au cœur du programme environnemental de Lula, qui a officialisé le choix de Belém pour accueillir la COP30. Cet acte est chargé de symbolisme, comme le souligne l’expert : il s’agit d’offrir aux dirigeants mondiaux, militants et scientifiques une occasion unique de découvrir de première main la richesse de ce biome, un appel à une meilleure compréhension sur le terrain.

Au-delà du symbole, la décision revêt également une dimension politique. Helder Barbalho, gouverneur du Pará et président du consortium des gouverneurs des États amazoniens, bénéficie d’une influence significative dans la région. Pour les chercheurs brésiliens, Belém s’impose comme un choix « évident » et un moyen d’envoyer un « message puissant ».

Cette orientation contraste avec les précédentes COP, qui se sont tenues dans des pays où les combustibles fossiles constituent la principale source d’émissions. « Amener le monde vers l’Amazonie met en évidence cette différence cruciale et nous rappelle que lutter contre le changement climatique ne consiste pas seulement à réduire l’utilisation des combustibles fossiles, mais aussi à protéger les forêts et les personnes qui en dépendent », explique Alencar pour The Quint.

Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer une potentielle hypocrisie. Thawaney pointe du doigt le risque que des gains économiques à court terme ne mènent à des pertes écologiques à long terme. Elle met en lumière la récente décision du Brésil d’autoriser un projet de loi visant à ouvrir une partie protégée de la forêt pour la construction d’une nouvelle autoroute destinée à faciliter l’accès au sommet.

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