Publié le 2025-10-13. Le juge unique du tribunal de district du sud de Jakarta a rejeté la requête préalable au procès déposée par Nadiem Anwar Makarim, maintenant ainsi son statut de suspect dans une affaire de corruption présumée. La décision confirme la légalité de la nomination de l’ancien ministre comme suspect par le bureau du procureur général.
- Le tribunal a statué que le bureau du procureur général disposait de quatre éléments de preuve valables pour désigner Nadiem Anwar Makarim comme suspect.
- La question de la preuve de la perte de l’État a été jugée relevant de l’autorité de l’enquêteur.
- Le juge a estimé que le manque d’information préalable à un individu sur son statut potentiel de suspect ne créait pas d’insécurité juridique.
Le magistrat I Ketut Darpawan, siégeant en audience unique, a déclaré que la procédure suivie par le bureau du procureur général (Kejagung) était conforme à la loi. En réponse à la demande de Nadiem Anwar Makarim, qui contestait sa désignation comme suspect dans une affaire de corruption présumée liée à l’achat d’ordinateurs portables Chromebook pour un coût de 1,98 billion de roupies (environ 127 millions de dollars), le juge a affirmé que les éléments à charge étaient suffisants. « Considérant que, sur la base des éléments décrits ci-dessus, le défendeur dispose formellement de quatre éléments de preuve valables conformément aux dispositions de l’article 184 du Code de procédure pénale comme base pour déterminer le demandeur comme suspect », a détaillé le juge dans la salle d’audience.
Le juge a également abordé l’argument soulevé par la défense concernant la nécessité de présenter un calcul des pertes de l’État comme preuve minimale pour établir un statut de suspect. Selon le magistrat, cette prérogative appartient à l’enquêteur. « Parce qu’il s’agit d’une forme de test de l’autorité de l’enquêteur en termes de choix d’utiliser n’importe quelle preuve pour prouver ses soupçons contre le suspect », a-t-il expliqué, ajoutant que chaque décision de l’enquêteur avait des conséquences sur la solidité du dossier.
Par ailleurs, le juge s’est prononcé contre l’idée selon laquelle les suspects potentiels devraient être informés de leur possible désignation avant qu’elle ne soit officialisée. Il a estimé qu’une telle pratique engendrerait une « insécurité juridique et serait très dangereuse pour l’application de la loi ». La détention de M. Makarim a également été jugée légitime, étant donné que l’infraction présumée est passible d’une peine de prison supérieure à cinq ans et que les enquêteurs ont exprimé des craintes de fuite, de destruction de preuves ou de récidive.
Enfin, le juge a clarifié que les demandes relatives à la suspension ou au transfert de la détention (en résidence surveillée ou en détention municipale) ne relevaient pas de sa compétence en tant que juge de la mise en état. Il a conclu que la requête préalable au procès était dénuée de fondement juridique et devait être rejetée.
Cette décision signifie que l’enquête sur la corruption présumée dans l’achat des Chromebooks, qui a conduit à la désignation de Nadiem Anwar Makarim comme suspect, pourra se poursuivre.