Home Santé «Aujourd’hui, seulement de l’alcool, il n’y a pas de sucre». Jeûner pour s’enivrer et perdre du poids : qu’est-ce que la « ivresse » et quels sont les risques

«Aujourd’hui, seulement de l’alcool, il n’y a pas de sucre». Jeûner pour s’enivrer et perdre du poids : qu’est-ce que la « ivresse » et quels sont les risques

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Publié le 14 octobre 2025 08:39:00. Une tendance inquiétante prend de l’ampleur chez les jeunes : la « drunkorexie », une pratique dangereuse consistant à jeûner pour maximiser les effets de l’alcool, parallèlement à une consommation excessive déjà préoccupante. Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences dévastatrices pour la santé physique et mentale.

  • « Drunkorexie » : ne pas manger pour mieux s’enivrer.
  • Le binge drinking, une pratique ancrée chez près de 5 millions d’Italiens.
  • Des comportements à risque alarmants chez les 11-25 ans.

« Juste du gin tonic et de l’eau, zéro sucre ». Cette phrase résume la logique de ceux qui choisissent de boire de l’alcool pour perdre du poids, en sautant les repas. Il s’agit d’une tendance dangereuse qui se propage rapidement parmi les jeunes, y compris les mineurs. Elle s’accompagne du phénomène bien plus ancien de la consommation excessive d’alcool (ou « binge drinking »), qui consiste à enchaîner les verres sans pause dans le but d’atteindre rapidement l’ivresse. L’alerte provient de l’Institut supérieur de la santé et de l’Observatoire national des alcools, indiquant que 1,37 million de jeunes âgés de 11 à 25 ans adoptent des modes de consommation d’alcool « à risque ». Parmi eux, 615 000 n’ont pas encore atteint l’âge de 18 ans.

La « consommation excessive d’alcool », une réalité pour près de 5 millions d’Italiens

Boire par mode, par plaisir, jusqu’à se sentir mal : la pratique du « binge drinking » est profondément ancrée dans la culture des jeunes. En 2023, 10,2 % des garçons et 6,3 % des filles âgés de 11 à 24 ans y ont eu recours au moins une fois, souvent lors des sorties nocturnes du week-end. Chez les adultes (25-64 ans), cette pratique persiste, bien qu’elle soit davantage masculine : 14,3 % des hommes contre 5,5 % des femmes. Au total, en 2023, 4,13 millions d’Italiens ont privilégié les sorties nocturnes dans l’optique d’enchaîner les verres. « Ce ne sont plus des soirées festives, c’est un mode de vie dicté par les pressions sociales et les fragilités individuelles », prévient la Fédération italienne des pédiatres.

« Drunkorexia », jeûner pour s’enivrer : les risques sont considérables

Encore plus dangereuse et répandue chez les jeunes, en raison de facteurs sociaux, est la « drunkorexie ». Ce terme, contraction de « ivre » et « anorexie », décrit la pratique où les jeunes renoncent aux repas pour permettre à l’alcool d’agir plus efficacement. Pour réduire leur apport calorique ou compenser la consommation d’alcool, certains jeunes vont jusqu’à jeûner, faire de l’exercice physique extrême, se faire vomir intentionnellement, ou encore recourir à des laxatifs. Ainsi, un seul verre, même de petite taille, suffit à faire pénétrer l’alcool dans la circulation sanguine, surtout s’il est consommé rapidement. Ces pratiques impitoyables entraînent malnutrition, déséquilibres métaboliques, maux de tête, gastrites et jusqu’à des pertes de connaissance d’origine neurologique. S’ajoute à cela un fardeau psychologique non négligeable : anxiété, culpabilité, isolement, et un risque croissant que cette « drunkorexie » évolue vers une anorexie ou une boulimie avérée.

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