Publié le 2025-11-01 15:55:00. Autrefois jumelles de la Terre, Mars et Vénus ont connu des destins radicalement différents. Alors que Mars est devenue une planète glacée, Vénus s’est transformée en un enfer brûlant, offrant un avertissement sur les dangers d’un dérèglement climatique.
Pendant longtemps, l’humanité a regardé vers Mars, la considérant comme la planète la plus ressemblante à la Terre. Sa proximité, sa composition similaire et les indices d’anciennes rivières, lacs et océans ont alimenté l’espoir de trouver des traces de vie passée, justifiant de nombreuses missions spatiales.
Cependant, certains scientifiques estiment qu’une autre planète, notre voisine orbitale plus proche du Soleil, Vénus, est en réalité une jumelle bien plus fidèle de notre monde.
Selon les recherches, Vénus serait la « jumelle oubliée » de la Terre. Leur taille est quasi identique, leur composition similaire et leur distance au Soleil pas radicalement différente. Au commencement du système solaire, les trois planètes partageaient de grandes ressemblances.
Martha Gilmore, professeure de sciences de la Terre et de l’environnement à l’Université Wesleyan, compare cette relation à celle de frères et sœurs aux trajectoires divergentes. « Si l’on se penche sur le passé, la Terre n’aurait pas été si différente de ses deux voisines », explique-t-elle.
Trois planètes, trois destins distincts
Aujourd’hui, la ressemblance a disparu. La Terre est un monde luxuriant et vivant. Mars s’est métamorphosée en une planète aride et glacée. Quant à Vénus, elle est devenue la planète la plus chaude du système solaire, avec des températures de surface dépassant les 425 °C (plus de 800 degrés Fahrenheit) et une pression atmosphérique 75 fois supérieure à celle de la Terre.
Ces conditions extrêmes rendent la survie des sondes spatiales extrêmement brève. Sur les dix engins envoyés à sa surface, aucun n’a réussi à fonctionner plus de deux heures avant d’être anéanti par la chaleur et la pression.
Martha Gilmore attribue ces divergences à la taille des planètes, à leur chaleur interne et à leur distance au Soleil. Elle utilise l’analogie de pommes de terre cuites pour décrire la Terre et Vénus, semblables en taille et censées refroidir de manière similaire. Cependant, la différence de distance au Soleil a tout bouleversé : Vénus, recevant plus d’énergie solaire, a vu son atmosphère devenir progressivement plus chaude et plus dense au fil des milliards d’années.
L’équilibre fragile de la Terre
L’atmosphère joue un rôle crucial dans le maintien de la vie, agissant comme un bouclier contre les radiations et régulant la température. Sur Terre, cet équilibre dépend de trois facteurs : l’activité volcanique, la masse planétaire et la présence d’océans.
Les volcans libèrent des gaz qui constituent l’atmosphère, maintenue en place par la gravité d’une planète suffisamment massive. Mars, plus petite, n’a pas pu conserver son atmosphère lorsque son activité volcanique a cessé et que la température a chuté, transformant l’eau en glace ou la laissant s’échapper dans l’espace.
Vénus, quant à elle, est devenue trop chaude. La chaleur solaire a vaporisé ses anciens océans, tandis que les volcans continuaient de rejeter du dioxyde de carbone.
Un effet de serre incontrôlable
Contrairement à Vénus, la Terre dispose d’un mécanisme naturel de régulation du dioxyde de carbone : ses océans. L’eau absorbe le carbone, le stockant dans les fonds marins sous forme de roches carbonatées.
« Une fois les océans disparus, le principal mécanisme de stockage du dioxyde de carbone disparaît également. Le gaz reste dans l’atmosphère, créant un effet de serre incontrôlable qui recouvre la planète d’une couverture de chaleur », explique Martha Gilmore.
Ce phénomène aurait transformé Vénus, potentiellement habitable autrefois, en un enfer inhabitable. Les scientifiques y voient aujourd’hui un avertissement naturel des conséquences possibles si l’équilibre terrestre venait à être perturbé par le changement climatique.