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Aux États-Unis, les signes de ralentissement se multiplient

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Publié le 6 novembre 2025, 4h44. De nouvelles analyses économiques dressent un tableau préoccupant de l’économie américaine, mettant en lumière plusieurs signaux d’alerte qui pourraient présager un ralentissement imminent, voire une récession.

  • Des indicateurs issus du marché du travail, du crédit automobile et du transport de marchandises suggèrent une fragilité accrue de l’économie américaine.
  • L’explosion des paiements d’intérêts sur la dette nationale américaine, combinée aux effets d’un shutdown budgétaire, pèse également sur les perspectives économiques.
  • Bien que des parallèles soient tirés avec des périodes de récession passées, les experts appellent à une interprétation prudente des données actuelles.

Malgré une apparente « croissance modérée » avancée par la Réserve fédérale américaine et une réduction des taux d’intérêt directeurs à leur plus bas niveau depuis 2022 (une fourchette de 3,75 à 4,0 %), des analyses récentes, notamment celles publiées par la société d’investissement britannique M&G à l’occasion d’Halloween, révèlent des signes inquiétants. Ces données, qualifiées de « sept tableaux effrayants », pointent vers une possible « Trumpcession », un terme qui décrit un ralentissement économique sous la présidence actuelle.

Parmi les indicateurs particulièrement préoccupants, l’attention se porte sur quatre aspects clés. Premièrement, le marché du travail, bien que présentant un taux de chômage officiellement bas (4,3 % en septembre), est perçu négativement par les consommateurs. L' »indice de différenciation du travail » du Conference Board, qui mesure la perception de la disponibilité des emplois, affiche une tendance pessimiste. Selon les analystes de M&G Investments, une telle tension sur le marché du travail est un « signe classique de récession ». Geraldine Dany-Knedlik, responsable de l’activité économique au sein de l’Institut allemand de recherche économique (DIW), souligne que la baisse des licenciements volontaires et des nouvelles embauches suggère un déclin de la confiance des salariés, une tendance observée avant les récessions de 2001 et 2008.

Deuxièmement, le marché du crédit automobile américain émet également des signaux d’alarme. Le nombre de défauts de paiement « graves » – correspondant à des retards de plus de 90 jours – s’approche dangereusement des niveaux de la crise financière de 2008. L’explosion du volume de prêts automobiles en cours, qui a doublé ces 20 dernières années pour dépasser les 1 660 milliards de dollars (environ 1 530 milliards d’euros), exacerbe ce risque. La Fédération des consommateurs d’Amérique met en garde contre une augmentation alarmante des retards de paiement, des défauts et des saisies de véhicules, comparables aux tendances précédant la crise financière.

Troisièmement, le secteur du transport de marchandises aux États-Unis montre également des signes de faiblesse. L' »indice Cass Corp Freight Index », qui mesure le volume du fret, se rapproche des niveaux enregistrés lors de la crise financière mondiale. Les experts de M&G qualifient cette situation de « choc grave dans le trafic de marchandises aux États-Unis ». Selon l’expert du DIW, la baisse actuelle est un « indicateur précoce classique d’une demande plus faible », reflétant des mouvements similaires observés avant la crise de 2008 et la récession liée à la pandémie en 2020. Ce ralentissement est attribué à une combinaison de politique monétaire restrictive et d’un affaiblissement de la demande des consommateurs. Les effets des nouveaux tarifs douaniers imposés par Donald Trump ne seraient même pas encore entièrement pris en compte.

Enfin, le quatrième indicateur majeur concerne la dette nationale américaine. Au cours de l’exercice 2025, le gouvernement a dépensé 970 milliards de dollars (environ 896 milliards d’euros) en intérêts sur sa dette, soit une somme supérieure au budget total de la défense (917 milliards de dollars). Cette situation engendre une réduction des services publics et des investissements dans les infrastructures et l’éducation. Le Congressional Budget Office (CBO) alerte sur le risque d’un ralentissement de la croissance économique à long terme, une situation rappelant le début des années 1980 et 1990.

Il est important de noter que, malgré ces convergences d’indicateurs, l’expert économique du DIW, Geraldine Dany-Knedlik, appelle à une certaine prudence. Elle souligne que si ces signaux doivent être pris au sérieux, la situation actuelle est influencée par des facteurs spécifiques tels que les séquelles de la pandémie, les risques géopolitiques et un contexte de politique monétaire différent, rendant les modèles historiques moins directement applicables.

La situation est également aggravée par le récent shutdown budgétaire du gouvernement. Les experts estiment que cette fermeture, débutée le 1er octobre, pourrait coûter 14 milliards de dollars (environ 12,9 milliards d’euros) à l’économie américaine, et affecterait négativement la croissance du PIB réel de 1,0 à 2,0 points de pourcentage ce trimestre, selon les calculs du CBO.

En somme, les indicateurs analysés par M&G soulèvent de sérieuses questions quant à la santé de l’économie américaine. Le « miracle économique proclamé par Trump » pourrait s’essouffler plus rapidement que prévu.

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