Le récent vol de bijoux au musée du Louvre, d’une ampleur considérable, ramène à la mémoire un autre cambriolage marquant : celui de la Couronne de la Vierge de Fourvière à Lyon en 2017. Ce joyau exceptionnel, pesant quatre kilos d’or et orné de près de 1 800 pierres précieuses, demeure introuvable depuis près de sept ans.
Le dimanche 19 octobre, l’actualité a été marquée par l’effraction spectaculaire de quatre individus en plein jour au Louvre, emportant des parures inestimables telles qu’un collier ayant appartenu aux reines Marie-Amélie et Hortense, ainsi que le diadème de l’impératrice Eugénie. Cet événement, rappelant le vol audacieux de la Couronne de la Vierge de Fourvière à Lyon en 2017, souligne la persistance de ces crimes et le mystère entourant la disparition de trésors patrimoniaux.
Dans la nuit du 13 mai 2017, aux alentours de 3 heures du matin, deux individus parviennent à s’introduire dans le Musée d’Art religieux de la Fondation de Fourvière. À l’aide d’une disqueuse, ils brisent la vitre blindée protégeant la Couronne de la Vierge. Cette dernière était exposée le temps de la restauration de la statue principale de la basilique. Le précieux objet est dérobé en moins de cinq minutes, avant que les cambrioleurs ne prennent la fuite, malgré le retentissement de l’alarme.
« On nous appelle en pleine nuit pour nous dire que la couronne a été dérobée. C’est un crève-cœur, pour nous, cela a été un véritable traumatisme. C’est un vol non seulement d’une valeur vénale mais surtout patrimoniale et mémorielle, c’est toute une histoire qui est perdue », se souvient Magaly Chatain, déléguée générale de la Fondation Fourvière.
La Couronne de la Vierge de Fourvière est une pièce unique, réalisée en 1899. Elle fut le fruit d’un don des familles lyonnaises, souhaitant remercier la Vierge Marie pour sa protection durant la guerre franco-allemande de 1870. Pesant quatre kilos d’or pur, ce trésor était conservé dans un coffre sécurisé entre 1940 et 2015, n’en sortant que pour des occasions exceptionnelles.
« Il y a eu plus de trois ans d’enquête, avec plusieurs pistes. Malheureusement, l’enquête a finalement été close. Les voleurs étaient des personnes très organisées, structurées. Nous n’avions pas à rougir du dispositif sécuritaire qui était alors en place », souligne Magaly Chatain. Depuis, le musée privé a néanmoins procédé à un renforcement de ses mesures de sécurité.
En 2022, une nouvelle couronne, conçue par l’orfèvre Goudji, a été créée pour remplacer celle disparue. Moins ornée et d’une valeur estimée à 25 000 euros, elle se distingue nettement de son prédécesseur.
« Je suis très compatissante vis-à-vis des équipes du Louvre, ce qu’ils vivent est un vrai traumatisme patrimonial. Le deuil est difficile à faire, c’est une vraie blessure que nous avons vécue », confie Magaly Chatain, qui garde l’espoir d’une réapparition un jour.
Depuis plus de cinq ans, aucune trace du joyau volé n’a été retrouvée. Chaque pierre avait pourtant été expertisée et répertoriée l’année précédant le vol par une unité de recherche de l’Université Lyon 1, garantissant une traçabilité potentielle. Le bijou aurait vraisemblablement été démantelé et fondu pour être écoulé, une procédure probable également pour les œuvres dérobées au Louvre, invendables en l’état sur le marché de la haute joaillerie. Une course contre la montre s’est engagée.