Publié le 25 février 2026 à 7h01. Pour la première fois, les trois principaux candidats au poste de ministre-président du Bade-Wurtemberg se sont affrontés lors d’un débat télévisé, une dynamique inhabituelle qui a mis en évidence les divergences et les points de convergence avant les élections régionales.
Une nouveauté dans l’histoire de la télévision du Bade-Wurtemberg : au lieu d’un duel, les meilleurs candidats des trois partis les plus représentés – Manuel Hagel (CDU), Cem Özdemir (Les Verts) et Markus Frohnmaier (AfD) – ont participé à un débat retransmis en direct depuis le fort romain de Stuttgart. L’invitation de M. Frohnmaier, représentant un parti classé à l’extrême droite, avait suscité de vives controverses.
Le débat a été animé par Hendrike Brenninkmeyer et Florian Weber, qui ont instauré une règle particulière : chaque candidat disposait d’un bouton pour interrompre son adversaire à chaque tour thématique. « Quand leur collier éclate », a expliqué M. Weber, soulignant la possibilité de répliques immédiates. Cette règle n’a pas toujours été respectée.
Dès le début, la dynamique du débat a souvent pris la forme d’une alliance contre un adversaire. M. Hagel et M. Özdemir ont fréquemment cherché à déstabiliser M. Frohnmaier. Lorsque ce dernier a affirmé que la Chine parvenait à construire rapidement des centrales nucléaires, M. Hagel a répliqué avec ironie : « Mao, Moscou, Maga », faisant référence à la proximité de l’AfD avec la Russie et le mouvement « Make America Great » de Donald Trump. Plus tard, M. Özdemir a souligné : « Je suis heureux qu’il ait affirmé qu’il aimait l’Allemagne et non la Russie. »
La question économique a été au cœur des échanges. M. Hagel a mis en avant l’importance de l’innovation et du dynamisme pour surmonter les difficultés actuelles, affirmant que « le changement structurel ne nous est étranger » et que « après, nous serons mieux qu’avant ». Il a également proposé de créer des « zones économiques spéciales » pour réduire la bureaucratie. M. Özdemir a renchéri en soulignant que l’Allemagne restait « le cerveau du monde », mais qu’il était crucial d’accompagner davantage les inventeurs et les start-ups pour éviter qu’ils ne quittent le pays. M. Frohnmaier, quant à lui, a plaidé pour le maintien des technologies existantes, notamment le moteur à combustion, afin de préserver les emplois dans l’industrie automobile, un secteur clé du Bade-Wurtemberg.
M. Frohnmaier a également abordé la question de l’énergie nucléaire, affirmant que « les centrales nucléaires de nouvelle génération ne produisent presque plus de déchets nucléaires ». Cette affirmation a été examinée par l’équipe factuelle de SWR, qui a publié ses conclusions sur le blog de l’émission. Plus d’informations sur l’analyse des faits.
Parallèlement au débat télévisé, des manifestations ont eu lieu à l’extérieur du studio, principalement pour protester contre la participation de M. Frohnmaier, que certains considèrent comme un « anti-démocrate ». Le Premier ministre Winfried Kretschmann (Les Verts) avait également critiqué cette invitation, estimant qu’il était inacceptable d’offrir une tribune à un tel politicien. Le FDP a même intenté une action en justice contre le programme.
Le débat a également permis de clarifier les positions des candidats en matière de coalition. M. Özdemir a clairement exprimé son souhait de poursuivre la coopération avec la CDU, soulignant qu’il était préférable de commencer à négocier une coalition plutôt que de s’opposer constamment. M. Hagel, conscient des difficultés potentielles pour former une coalition avec le SPD et le FDP, a semblé ouvert à cette option.
Pour en savoir plus sur les élections régionales en Bade-Wurtemberg : Site web de SWR consacré aux élections.