Publié le 26 février 2026 10:09:00. L’assurance-vie luxembourgeoise connaît une croissance soutenue, portée par un contexte économique incertain et une demande croissante pour des solutions de gestion patrimoniale transfrontalières. Les encours dépassent désormais les 262 milliards d’euros, un record.
- Les collectes nettes ont atteint un niveau record de 31,1 milliards d’euros en 2025, en hausse de 16 %.
- Le Luxembourg mise sur la démocratisation de ses produits d’assurance-vie, notamment grâce au digital, pour toucher de nouveaux segments de clientèle.
- Le « triangle de sécurité » luxembourgeois, garantissant la protection des actifs des souscripteurs, reste un atout majeur.
L’assurance-vie luxembourgeoise confirme sa dynamique positive, avec des encours qui ont progressé de 8 % pour s’établir à 262 milliards d’euros. Cette croissance est alimentée par un afflux de primes record, atteignant 31,1 milliards d’euros en 2025, après 26,8 milliards d’euros en 2024, selon les données du Commissariat aux assurances.
Selon Jean Elia, CEO de Sogelife, ce succès s’explique par plusieurs facteurs.
« Tout d’abord, on peut évoquer le contexte macroéconomique, particulièrement incertain, qui incite les détenteurs de patrimoine à se tourner vers des solutions sécurisées à long terme. »
Jean Elia, CEO de Sogelife
L’accroissement de la mobilité internationale, avec des familles et des actifs répartis dans différents pays, favorise également les solutions transfrontalières sophistiquées proposées par les acteurs de l’assurance-vie luxembourgeoise.
Le Grand-Duché dispose d’atouts spécifiques pour attirer une clientèle fortunée (HNWI). Le contrat d’assurance-vie luxembourgeois offre un cadre de protection unique, grâce à son « triangle de sécurité », qui assure la séparation des actifs de l’assureur et de ceux des souscripteurs, ainsi qu’au « super-privilège » accordé au souscripteur.
« Le contrat d’assurance-vie luxembourgeois offre un cadre de protection, avec son triangle de sécurité, la ségrégation des actifs et le super-privilège accordé au souscripteur, particulièrement robuste. »
Jean Elia, CEO de Sogelife
La neutralité fiscale des contrats, combinée à une expertise transfrontalière reconnue, facilite la mobilité des clients.
Outre ces garanties, le contrat d’assurance-vie luxembourgeois se distingue par sa flexibilité en matière de gestion d’actifs. Il peut accueillir une large gamme de solutions d’investissement, des produits structurés aux ETF et aux actifs privés. La gestion peut être réalisée de différentes manières, via des fonds d’investissement directs, des fonds internes collectifs ou des fonds d’assurance spécialisés, offrant ainsi une grande souplesse aux clients. Les contrats peuvent également être proposés en multidevises.
Pour l’avenir, le secteur mise sur la démocratisation de ses produits. Actuellement, la prime d’assurance moyenne par client, chez Sogelife, s’élève à 2 millions d’euros. L’objectif est d’ouvrir l’assurance-vie luxembourgeoise à de nouveaux segments de clientèle.
« Jusqu’à présent, ce sont principalement les familles fortunées qui s’adressaient à nos produits. »
Jean Elia, CEO de Sogelife
La digitalisation est un levier essentiel pour automatiser et industrialiser les processus.
Sogelife a récemment lancé une offre 100 % digitale sur le marché français en partenariat avec Boursobank, permettant d’accéder à un contrat d’assurance-vie luxembourgeois et à plus de 4 000 supports d’investissement, avec une prime d’entrée de 150 000 euros.
« La volonté est d’aller à la rencontre d’un marché beaucoup plus large, en permettant à des clientèles aisées d’accéder aux avantages du contrat d’assurance-vie luxembourgeois. »
Jean Elia, CEO de Sogelife
Le secteur doit également anticiper les évolutions réglementaires et faire face à une concurrence accrue. D’autres pays développent des compétences transfrontalières et certains marchés mettent en place des entraves à la libre prestation de services. Pour rester compétitif, le Luxembourg doit continuer à innover, à s’internationaliser et à renforcer son expertise, notamment dans la gestion d’actifs, l’ESG et les fonds alternatifs.