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«Avec une prothèse on aide à retrouver un peu la vue»

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Publié le 2 novembre 2025. Une percée scientifique pourrait redonner une partie de leur vision aux personnes atteintes de dégénérescence maculaire. Une étude européenne, menée par une équipe internationale incluant des chercheurs italiens, a testé avec succès une prothèse innovante capable de restaurer la vision centrale.

La bataille contre la dégénérescence maculaire, maladie qui affecte la vision centrale, pourrait connaître un tournant décisif. Une prothèse révolutionnaire, baptisée PRIMA, a démontré des résultats prometteurs lors d’une étude clinique européenne, redonnant la capacité de lire à une majorité de patients atteints de cette pathologie souvent considérée comme incurable. Les avancées de cette recherche ont d’ailleurs été relayées par des publications scientifiques de renom, y compris le New York Times.

Au cœur de cette innovation se trouve Martina Corazzol, une ingénieure biomédicale originaire du nord de l’Italie. Diplômée de l’Université de Padoue, elle a poursuivi ses études en France, où elle est aujourd’hui installée et naturalisée parisienne. Elle tempère néanmoins l’enthousiasme ambiant : « Nous n’avons pas retrouvé la vue, mais oui, 84 % des patients de notre étude ont déclaré qu’ils étaient capables de lire des lettres, des chiffres ou des mots. Et les meilleurs ont même réussi à lire des textes avec les lunettes que nous avions préparées. » Pour les personnes atteintes de maculopathie, qui voient leur champ visuel se restreindre comme par un effet de tunnel, même une amélioration partielle est souvent perçue comme un miracle.

L’étude PRIMAvera : une lueur d’espoir

L’initiative, baptisée « PRIMAvera », a débuté il y a cinq ans. Elle a impliqué près de quarante personnes dans plusieurs centres européens. L’étude visait à évaluer l’efficacité et la sécurité d’un implant photovoltaïque sous-rétinien. Ce dispositif a pour but de restaurer la vision centrale chez les patients souffrant d’atrophie géographique liée à l’âge.

Le système PRIMA repose sur une prothèse implantée chirurgicalement et une paire de lunettes spéciales équipée d’une caméra et d’un projecteur infrarouge. Ces lunettes stimulent la rétine interne, compensant ainsi la partie endommagée par la maladie. Bien que la start-up qui a initié le projet n’ait pas survécu, la technologie a été reprise par la société californienne Science Corporation.

Des chiffres encourageants

L’étude a porté sur 38 patients, dont l’âge moyen était de 79 ans. Les résultats, analysés après 12 mois, montrent une amélioration significative. Sur les 32 participants encore suivis, 26 ont gagné au moins deux lignes de vision sur une échelle ophtalmologique standard. Plus de 80 % des patients ont rapporté pouvoir lire des éléments basiques comme des lettres ou des chiffres, et certains ont même pu déchiffrer des textes complets grâce à l’assistance des lunettes fournies.

L’atrophie géographique affecte directement la vision centrale, la partie la plus essentielle pour la lecture et la reconnaissance des visages. Les patients la décrivent souvent comme la sensation de « voir le monde à travers les bords d’un tunnel », une tache sombre masquant le centre de leur champ visuel. La difficulté à se concentrer rendait la lecture particulièrement ardue, les mots semblant s’effacer.

L’étude multicentrique s’est déroulée dans 17 centres cliniques répartis dans 5 pays européens. Trois patients à Rome ont été pris en charge par le professeur Andrea Cusumano. Sheila Irvine, 70 ans, qui avait perdu la vue, a qualifié son expérience de « extraordinaire » auprès de la BBC, se réjouissant de pouvoir à nouveau lire et faire des mots croisés : « C’est beau, merveilleux. Cela me procure un immense plaisir. »

Disponibilité et avenir

Martina Corazzol indique que la prothèse n’est pas encore disponible sur le marché, mais que les démarches pour obtenir les autorisations nécessaires sont en cours. Concernant un éventuel retour en Italie, l’ingénieure se montre pragmatique : « J’ai toujours voulu étudier l’ingénierie biomédicale. La première fois que j’ai quitté l’Italie, c’était avec Erasmus. Et s’il y avait plus d’opportunités à l’étranger qu’en Italie ? Je dirais oui. »

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