Home Économie Baselbieter Kita est au bord de la fermeture : la gérante réduit son propre salaire

Baselbieter Kita est au bord de la fermeture : la gérante réduit son propre salaire

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Publié le 18 février 2024 à 21h30. La crèche Rambazamba, située à Oberwil dans le canton de Bâle-Campagne, lutte pour sa survie face à des difficultés financières croissantes, exacerbées par la concurrence des structures subventionnées de la ville de Bâle.

  • La crèche Rambazamba à Oberwil BL est confrontée à de graves problèmes financiers.
  • Sa directrice et fondatrice, Cécile Mollenkopf, a renoncé à son 13e mois de salaire pour éviter des licenciements.
  • La concurrence des crèches fortement subventionnées de Bâle-Ville contribue à aggraver la situation.

Cécile Mollenkopf, 44 ans, tire la sonnette d’alarme. La directrice de la crèche Rambazamba a lancé un appel à l’aide auprès d’une cinquantaine de personnalités influentes de la région, expliquant que les réserves financières de l’établissement sont épuisées. « Nos réserves financières sont épuisées », a-t-elle écrit dans sa lettre, sollicitant un soutien financier pour préserver l’avenir de la structure.

Pour faire face à cette crise, Mme Mollenkopf a déjà pris des mesures drastiques en supprimant son propre 13e mois de salaire. Elle n’a pas encore de plan précis de réduction des coûts, mais envisage de recourir à un emprunt, qu’elle souhaite cependant différer le plus longtemps possible en raison des difficultés de remboursement.

La concurrence des crèches urbaines met la pression

La crèche d’Oberwil, située à quatre kilomètres de Bâle-Ville, subit une pression accrue depuis plusieurs années. Le demi-canton urbain de Bâle-Ville subventionne massivement les places en crèche, ce qui permet aux parents de bénéficier de tarifs beaucoup plus avantageux. En 2024, un soutien de 97 millions de francs (environ 99,5 millions d’euros) est alloué, réduisant considérablement le coût d’une place à temps plein, qui s’élève à environ 1 600 francs suisses (environ 1 650 euros) par mois, contre jusqu’à 2 600 francs suisses (environ 2 700 euros) dans la région bâloise. De plus, les éducatrices de Bâle-Ville bénéficient de salaires supérieurs de jusqu’à 1 000 francs suisses (environ 1 030 euros).

Cette différence financière attire non seulement les parents, mais également les professionnels de la petite enfance vers la ville. Bien que la crèche Rambazamba n’ait pas encore perdu de collaborateurs ou de familles au profit de Bâle-Ville, Mme Mollenkopf constate une diminution des nouveaux inscrits. « La plupart du temps, il y avait quatre enfants qui venaient d’emménager à Oberwil. L’année dernière, il n’y en avait aucun. Cela crée un trou financier », explique-t-elle.

La commune d’Oberwil tente d’atténuer la pression en versant une subvention supplémentaire de cinq francs suisses (environ 5,20 euros) par place de garderie agréée, mais Mme Mollenkopf estime que cette aide est dérisoire, la qualifiant de « goutte d’eau dans l’océan » dans le journal « Basler Zeitung ».

Un club local se mobilise

Suite à son appel à l’aide, Mme Mollenkopf a reçu deux dons à ce jour : un d’une église et un d’un homme politique du Parti social-démocrate (PS). Elle se dit cependant peu surprise par ce manque de soutien financier immédiat, soulignant que de nombreuses personnes lui ont exprimé leur sympathie et leur reconnaissance pour son travail et celui de son équipe. « Mais ils ont aussi dit qu’ils ne pouvaient pas intervenir eux-mêmes », a-t-elle confié. Un club local a toutefois proposé son aide.

À long terme, la directrice de la crèche envisage des scénarios pessimistes. « Le pire serait de commencer par baisser le salaire du 13e mois », déplore-t-elle. « Ensuite, il y aurait des réductions de personnel. Et puis il y aurait le problème de la mauvaise qualité des soins en raison du manque de personnel, ce qui est la dernière chose que je souhaite. » Si la qualité des soins devait se dégrader, la fermeture de la crèche ne serait pas exclue. « Je me suis toujours promis de ne diriger qu’une crèche de qualité avec suffisamment de personnel pour les enfants », conclut-elle avec tristesse. « Si je ne peux plus proposer cela, je ne voudrais plus en être responsable. »

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