Publié le 24 février 2026 03:09:00. Bernabé Gutiérrez, figure controversée de l’Action démocratique vénézuélienne, a affirmé lundi qu’aucune élection ne se tiendrait au Venezuela avant la fin de la période constitutionnelle en cours, ajoutant une nouvelle couche de complexité au paysage politique déjà tendu du pays.
Le député Bernabé Gutiérrez, secrétaire général de l’Action démocratique nommé par la Cour suprême de justice (TSJ), a déclaré qu’il n’y avait aucune base pour anticiper des élections dans l’immédiat.
« Ne continuons pas à créer de fausses attentes chez le peuple. Nous devons dire la vérité au peuple. Il n’y aura pas d’élections »
Bernabé Gutiérrez, député et secrétaire général de l’Action démocratique
Il a insisté sur le fait que tout processus électoral devait strictement respecter les dispositions de la Constitution vénézuélienne.
Cette déclaration intervient alors que les tensions politiques s’intensifient au Venezuela. Les secteurs de l’opposition réclament des garanties démocratiques et des conditions de liberté avant de participer à de futures élections. La Plateforme unitaire démocratique, principale alliance d’opposition, a souligné que la transition politique n’avait pas débuté suite à l’arrestation de Nicolas Maduro le 3 janvier et exige la libération de tous les prisonniers politiques et la cessation des persécutions avant d’envisager un processus électoral crédible.
Le débat est également marqué par des critiques concernant le manque de transparence du processus électoral et la fiabilité des organismes chargés de sa supervision. Les divisions au sein de l’opposition vénézuélienne compliquent la recherche d’un consensus sur le moment et les modalités d’organisation d’élections, avec un soutien populaire et une reconnaissance internationale.
La semaine dernière, l’Assemblée nationale a adopté la loi d’amnistie et de coexistence démocratique, avec le soutien du gouvernement et de certains secteurs de l’opposition, dans le but de faciliter la libération des détenus pour des raisons politiques. Toutefois, des organisations civiles ont souligné que cette loi excluait un nombre significatif de personnes incarcérées, suscitant des interrogations et des demandes d’extension de ses bénéfices.
La figure de Bernabé Gutiérrez est au cœur de controverses au sein de l’Action démocratique, un parti divisé entre sa direction traditionnelle et les autorités nommées par le Tribunal suprême de justice (TSJ). En 2020, le TSJ avait suspendu le conseil d’administration de l’Action démocratique et nommé un nouveau conseil d’administration présidé par Gutiérrez, une décision contestée par les secteurs de l’opposition qui y voient une tentative d’influencer la participation électorale dans une direction favorable au gouvernement.
En septembre 2024, Gutiérrez avait déjà réaffirmé que l’Action démocratique ne tolérerait aucune ingérence étrangère dans la politique nationale.
« Quand l’Action démocratique a besoin de libérateurs, elle ne les importe pas, elle les engendre »
Bernabé Gutiérrez, secrétaire général de l’Action démocratique