Publié le 10 février 2026 à 22h11. Les banques traditionnelles tentent de freiner l’accès des entreprises de cryptomonnaies aux systèmes de paiement de la Réserve fédérale américaine, craignant une perte de contrôle sur le secteur financier. Cette offensive intervient dans un contexte de tensions croissantes et d’attente concernant l’application d’une nouvelle loi sur les stablecoins.
- Les banques ont déposé une plainte pour retarder l’accès de sociétés comme Circle à la Réserve fédérale.
- L’application du Genius Act, censé encadrer les stablecoins, est en suspens, exacerbant les frictions entre banques et acteurs de la crypto.
Un bras de fer se joue actuellement entre les institutions financières établies et les nouveaux acteurs de la finance numérique. Les banques traditionnelles, regroupées au sein de structures comme le BPI et le Financial Services Forum, cherchent à imposer des restrictions à l’accès des entreprises de cryptomonnaies aux infrastructures de paiement américaines, notamment celles gérées par la Réserve fédérale (Fed). Leur objectif : ralentir l’ascension des acteurs du Web3 et préserver leur monopole.
Selon des informations rapportées par Bloomberg, les banques ont formellement demandé que toute entreprise crypto prouve sa « sagesse » pendant au moins 12 mois avant de pouvoir prétendre à un compte de paiement auprès de la Fed. Elles justifient cette demande par des préoccupations de sécurité et de stabilité financière.
Pour les banquiers, il s’agit d’éviter les risques liés à ces nouvelles technologies. Si Circle, l’émetteur de l’USDC (un stablecoin indexé sur le dollar américain), obtenait un accès direct aux systèmes de paiement de la Fed, elle n’aurait plus besoin de recourir à des banques partenaires pour effectuer ses transactions. Une telle situation, qualifiée de « court-circuit » par certains observateurs, pourrait remettre en question le modèle économique traditionnel des banques.
Ce conflit survient dans un contexte particulier. En juillet 2025, Donald Trump a signé le Genius Act, une loi ambitieuse destinée à offrir un cadre réglementaire aux stablecoins et à encourager l’innovation financière. Cependant, l’application concrète de cette loi est retardée, les décrets d’application étant toujours en attente.
Les banques profitent de ce vide juridique pour exprimer leurs inquiétudes, arguant que le risque de retraits massifs sur les plateformes de cryptomonnaies pourrait déstabiliser l’ensemble du système financier. Des entreprises comme Anchorage Digital et Circle rejettent ces accusations, estimant que les restrictions proposées, comme un plafond de 500 millions de dollars sur les soldes nocturnes, sont disproportionnées et inadaptées à leur taille et à leur activité.
La Fed se retrouve ainsi dans une position délicate, tiraillée entre les intérêts des banques traditionnelles et les ambitions des acteurs de la crypto. L’issue de ce conflit déterminera l’avenir de la finance numérique aux États-Unis et pourrait bien redéfinir les règles du jeu dans le secteur bancaire. Le privilège bancaire, autrefois incontesté, semble désormais suspendu à une ligne de code.